Un jour sans poker, à fond la forme

Juste un petit day off et, déjà, je me sens mentalement dans un état complètement différent. Étonnant. J'arrive même presque à supporter les miaulements du sac à foutre qui partage mon quotidien. Alors que, les jours précédents, j'étais à la limite de l'expérimentation animale...

La preuve, certainement, que j'étais plus proche du tilt que je ne le pensais. Si je n'avais pas déjà franchi la frontière en loucedé. Toujours difficile d'en être sûr. Et de mesurer quel impact cela a pu avoir sur son jeu. Une chose est certaine : ce break, même si très court, m'a fait le plus grand bien. Car si la pression montante n'avait pas encore vraiment dégradé mon jeu (ce que j'en ai revu m'a l'air pour l'instant acceptable), nul doute que cela n'aurait guère tardé...

Bref, je me sens les idées bien plus claires aujourd'hui. 36h sans badbeat, ça redonne du courage. Reste à voir quel effet aura le premier. Si ça chauffe. Ou pas. Du coup, difficile pour moi d'établir un "programme" pour le week-end. Je joue en ce moment même le $109 de l'après-midi sur PS. Et la manière dont il se déroulera donnera probablement le ton pour les trois jours à venir. Si ça chauffe un peu trop, il est très probable que je m'offrirai carrément tout le week-end sans jouer histoire d'enterrer là un mois de mai déplorable et repartir sur des bases positives pour juin.

Je viens d'ailleurs de gagner un joli flip, contre le joueur que j'avais battu en finale de ce même tournoi, avec un magnifique flop. Aucune angoisse, aucune frustration flop ou turn. Bon signe !

Dealt to Abellyus [As Ks]

2 fold
Abellyus: raises 200 to 300
PAhakuutti: raises 1740 to 2040 and is all-in
5
fold
Abellyus: calls 1740

*** FLOP *** [3s Jc Ts]
*** TURN *** [3s Jc Ts] [Kh]
*** RIVER *** [3s Jc Ts Kh] [7s]

*** SHOW DOWN ***
Abellyus: shows [As Ks] (a flush, Ace high)
PAhakuutti: shows [Td Tc] (three of a kind, Tens)
Abellyus collected 4230 from pot



Une autre possibilité serait de consacrer les derniers jours au CG ou aux SNG pour tenter de remonter la pente autant que possible. Pas forcément la pire des options.


En attendant, j'ai eu le temps de terminer le Gus Hansen (All Hands Revealed). Et je reste un peu sur ma faim. Non pas que ça ne soit pas intéressant. Ça l'est. J'ai juste trouvé que le niveau d'analyse était... comment dire... trop souvent terriblement basique ? Ce qui, finalement, est assez logique vu son jeu très agressif (et toutes proportions gardées, bien sûr. Je ne suis pas en train de dire que Gus pense comme une mule, hein. Juste que le format choisi rend mal justice à certaines mains et multiplie les lieux communs sur quantité d'autres). Mais, le vrai problème de ce compte-rendu de tournoi (puisque c'est ce qu'il est), est le fossé qui sépare un tournoi comme l'Aussie Million des "petits" tournois live ou des tournois online. Et plus encore, très probablement, quand Gus Hansen est aux commandes. Même quand je me pogne en pensant au poker (c'est une image, bien évidemment. Je n'en suis tout de même pas là, lol), même dans mes rêves les plus fous (nope, je ne rêve non plus quasiment jamais de poker), je n'ai jamais imaginé disposer d'autant de fold equity. Structure, payout, joueur, stacksize... tout concourt pour générer une fold equity de folie. Que ni vous ni moi ne connaîtrons probablement jamais. En particulier quand on joue online...

Que penser de ce livre, alors ? Eh bien, je n'en sais rien. C'est à la fois beau et totalement inutile. Sans pour autant être de l'art. Ou même vraiment décoratif.

Seul point vraiment positif : si vous ne prenez pas conscience de l'importance majeure des ante en tournoi en lisant son livre, c'est que vous n'y arriverez jamais :)


Prochaines lectures : Harrington on Cash Game et Winning in Tough HE Games. Risque d'être bien moins fun. J'espère un peu plus instructif...


Et ce sera tout ce kipik qui retrouve la forme pour aujourd'hui...

Dans 47s, j'envoie tout!

Suite (et toujours pas fin) du festival. Avec une nouvelle stat record : hier, j'ai gagné 8% de mes showdown. Et, oui, ça comprend quinte au flop vs paire, set vs A hi, overpair vs gutshot, overpair + FD vs TP et rien de plus, top two vs top pair et kicker inférieur. Et une ribambelle de paire vs As et kicker inférieur. Je n'ai pas gagné un KK vs A8 ou JJ vs A4. Pas un. Ou aucun setup qui y ressemble comme deux gouttes d'eau. Et, j'allais oublier : la dernière petite trouvaille des générateurs aléatoires pour tenter de me faire craquer : maintenant, je split. 16 splits dans la nuit. Et, croyez-moi sur parole, pas des A2 vs A3. Juste des ppK vs AK, pp6 vs AK, AQ vs A2, KJ vs JT ou, encore, la plus belle : AA vs 33. Celle-là, j'en suis très fier...

Je vous surprend en annonçant un joli zéro ITM dans la nuit ?

Et j'arrête là mes déboires. Je n'en ai rien à foutre. Et vous non plus. J'en perd juste le sommeil. Je suis à deux doigts d'étrangler ma chatte à chaque gémissement (toutes les 4s en gros). Mais, quand je joue, je continue à faire ce qu'il faut : amener le couillon en face à mettre son stack en péril en situation de dominé. Je suis un mâle alpha, merde. Je ne vais pas chialer parce qu'une femelle me laisse le ventre vide...


Du coup, je vais en profiter pour parler d'un truc que j'avais mis de côté depuis longtemps : le timer. Et son utilisation tactique.


A chaque tournoi, on voit des joueurs laisser filer le timer en espérant rentrer dans les places payées. Même si c'est un mauvais calcul à long terme que de jouer l'ITM (puisque 90% des gains viennent des fois où on termine dans le top 3), ce n'est pas forcément une erreur que de jouer l'ITM quand on est en situation désespérée. Je vous laisse faire les calculs de $EV (ou de chercher sur le net, des gens bien intentionnés s'en sont déjà donné la peine). Mais, dans de très nombreuses situations, jouer la gagne et prendre un gamble, même un bon gamble, à la bulle d'un tournoi où on est en situation désespérée, se révèle être un mauvais calcul : l'équité financière gagnée en doublant reste en effet terriblement marginale le plus souvent. Et compense très difficilement l'équité financière perdue en bullant.

Je ne vais pas faire ces calculs ici. Et, de toute façon, chaque cas est différent. Mais, disons que si vous avez 3-4BB à la bulle d'un tournoi, il va souvent vous falloir une main très largement favorite pour aller au clash (évidemment, si vous avez la first in vigorish et pensez avoir de la fold equity, c'est une autre histoire). Je m'intéresse ici au genre de situation où vous avez A9s ou pp7 et un gars qui vous met all-in à la bulle d'un tournoi à gros field (si petit field, l'ICM est votre ami). Votre main est probablement un monstre par rapport à ce que vous avez reçu les 30 dernières minutes. Vous êtes même probablement plutôt bien sur l'éventail de mains que peut avoir le vilain. Vous vous dites qu'en doublant tout reste possible. Alors que, en fait, doubler ne va quasiment pas modifier votre équité financière ($EV). Perdre, par contre...

Ce genre de situation est en fait quasiment identique à celle de la bulle d'un SNG. Voire pire. La valeur que vous perdez sera toujours supérieure à la valeur que vous gagneriez puisque, même en gagnant, vous n'augmentez quasiment pas vos chances de terminer premier. Ou second. Ou même troisième.


Un exemple concret : disons qu'il reste 101 joueurs. 100 payés. Vous avez 3BB. Le total des jetons en jeu est de 3000. Et mille buy-ins de dotation. Un ITM rapporte 1.5 buy-in. Le top 64 gagne 2 buy-ins. Un simple chipcount vous donne 0,1% des jetons en jeu. Ce qui fait que vous valez au moins un buy-in (cette méthode favorise toujours les gros stacks mais, même ainsi, vous valez 1 BI. Très grand minimum). En fait vous valez plus probablement entre 1.45 et 1.55 BI (selon les autres shortstacks). Si vous sautez à la bulle, c'est ce que vous perdez.

Mais si vous doublez ? Miracle! vous passez à... disons 7.5 BB avec les blinds, ante, etc. Soit 0,25% du total des jetons en jeu. Ou 2.5 BI en se basant sur un chipcount. Hélas, comme le chipcount est une approximation très incorrecte, c'est déjà une vision très optimiste. En effet, multiplier votre stack par 2.5 vous donne bien 2.5 fois plus de chances de terminer premier. Mais ces chances étaient quasi nulles. De même pour les places 2 et 3. En fait, en multipliant par 2.5 son stack, on gagne surtout le droit de figurer plus souvent dans le top 32-64. Et la mauvaise nouvelle, c'est que le top 64 ne paie quasiment pas plus, en général, que juste une place payée. Le ventre mou de nos "amis" sportifs. Dans le meilleur des cas, votre espérance financière vient de passer à 2BI. Peut-être 2.25 BI.

Vous doublez, vous gagnez à long terme entre un demi et un buy-in. Vous sautez, vous en perdez un et demi. Même si c'est tentant, une main favorite à 55% vous fait le plus souvent perdre de l'argent.


Toute cette démonstration pour deux choses (et une troisième qui était en fait mon principal intérêt, je m'égare) :

1/ il existe des situations en tournoi où jouer la gagne est un non-sens (et pas seulement sur des satellites, ceux-ci ne sont que des cas extrêmes). Et une perte financière à long terme. Evidemment, si vous avez encore 10BB devant vous, tout change puisqu'un double up vous ramène dans la moyenne (ou jamais très loin) et que votre espérance en cas de victoire fera plus que compenser la perte. Mais si vous avez 3-4BB devant vous... jouer les héros "rien à foutre, play to win" sera en général tout sauf une preuve d'intelligence.

2/ et merde, j'ai perdu mon deux...

Tant pis pour le deux. Et arrivons à l'essentiel : n'en veuillez pas aux joueurs super shortstacked qui jouent le chrono pour rentrer dans les places payées. C'est leur droit. C'est leur boulot. C'est leur intérêt. Et, incidemment, c'est aussi votre intérêt : ces joueurs ont abandonné (même si à raison) tout espoir de gagner. Et cette équité possible qu'ils abandonnent, elle vous profite. En partie comme à tous les joueurs. Mais encore plus si vous savez en profiter ;)


Ceci dit... la vache, je suis fatigué : le point ci-dessus était le deux manquant. Et j'en arrive à mon but...


Ceci dit, la plupart des joueurs jouent mal le chrono. Ils le laissent filer pour rentrer dans la thune. Mais ils ne s'en servent quasiment jamais pour se mettre en position favorable une fois dans l'argent.

Je m'explique : vous avez, disons, 4BB. Passer la bulle est donc un objectif rentable. Mais ce n'est pas pour abandonner tout "espoir de miracle" ensuite. Soyons réaliste, votre stratégie ITM va être simple : push et ramasser blind+ante ou doubler. Peu importe le résultat, rien que ramasser les blinds aurait l'effet d'un régime viagra pour votre stack. Et sauter (aucun rapport) ne vous fait en réalité rien perdre financièrement.

Seulement, voila, il y a un hic : vous avez 4 BB. Autant dire que votre fold equity n'est pas bandante (abus de métaphores sexuelles très certainement révélateur). Dans l'idéal, vous aimeriez être de SB pour pouvoir saucer sur la seule BB. Ou être au bouton. Avec un peu de chance, ça fold, vous ramassez le pot qui ne doit pas être loin de votre tapis et vous voila déjà presque le roi du monde. Si vous êtes super mouloud, la BB vous paie avec une poubelle et vous avez maintenant de quoi sérieusement envisager la win (ouais, je suis comme ça : à 10BB, je me vois toujours en hu final lol).

L'idée du jour est donc celle-là : au lieu de laisser filer le chrono pour rentrer dans les places payées, utilisez le chrono pour vous retrouver dans une position favorable une fois que la bulle aura crevé. SB, bouton ou le plus proche possible du bouton en tout cas. Inutile de jouer la montre avec 5bb quand vous êtes UTG+2. Ca crève, la fête : vous voila en début de parole avec 5BB. Bonne chance pour gagner le tournoi. Laissez plutôt défiler les secondes quand vous êtes de BB pour avoir derrière au moins deux ou trois bons spots de push avec les miettes qu'il vous reste. Et ne gaspillez pas tout si, visiblement, ça ne craque nulle part. Gardez-en pour le SB et recommencez en espérant pouvoir jouer BU/CO/HJ en freeroll. Si ça ne marche toujours pas... vous avez saisie l'idée.

Qui est qu'on peut aussi utiliser son time bank de façon agressive pour se positionner le mieux possible une fois la bulle crevée. C'est une des ressources dont tout joueur dispose. Ca ne fera sans doute pas une énorme différence à long terme. Mais ça en fera toujours une entre celui qui use son chrono banalement. Et celui qui saura sans servir le mieux possible pour tenter de grignoter un peu plus d'équité.


Pour le faire assez souvent (bon, ok, pas en ce moment, lol jaune), je pense même que l'effet est nettement plus profitable qu'on ne l'imagine (évidemment, ça impose de savoir pusher très light en SB/Bouton mais cela est une autre histoire).


Et ce sera tout ce kipik qui vous livre ses petits secrets de shortstack pour aujourd'hui.


PS : pas forcément la peine de me chercher aux tables aujourd'hui, je pense que je vais m'offrir un ou deux jours de break histoire de souffler un peu, je me sens en limite de tilt (si pas limite en tilt) et pas envie que ça m'arrive un mercredi où je résisterais difficilement à un $320 tout sauf raisonnable...

PS 2 : pas la peine non plus de me rappeler que la variance est plus forte en tournois qu'en CG, merci, je le sais. Reste que, un bad run comme celui-là, en CG, il pourrait bien faire encore plus mal qu'en MTT. La variance n'est que le prix à payer pour savoir à l'avance ce qu'on perd. Ca remplace très avantageusement le reload ;)

Le retour de la chatte...

...en chaleur. C'est bien la seule qui soit régulièrement au rendez-vous. Et bien présente. Aussi envahissante que l'autre se fait désirer.

Du coup, pas vraiment envie de poster quoi que ce soit. Je multiplie les beaux parcours ces derniers jours. Mais pour rien. Juste deux "demi-finales" dans des $109 et quelques ITM ici et là. Parce que, si je postais quoi que ce soit, ce serait un concert de jérémiades. Et je n'en ai aucune envie. Tout le monde se fout en général de savoir comment vous sortez d'un tournoi. Moi le premier, d'ailleurs. Disons juste que, ces derniers temps, j'explore la palette. Et ce n'est pas la variété qui fait défaut...

Le pire, c'est que je me surprend moi-même à encaisser aussi bien. Non pas que je prenne ça avec le sourire (jeter un oeil à ma "compta" suffirait à m'enlever toute envie de sourire, de toute façon). Ni que ça ne tape pas violemment du poing sur le bureau. Ou que ma température interne ne monte pas de quelques degrés dans les minutes qui suivent. Mais ça ne dure justement que quelques minutes. Et sans aucune influence sur les tables voisines.

Ça me fait chier. Profondément. Mais ce n'est jamais que le dernier d'une longue série. Enfin, façon de parler, hein. Je l'attend avec impatience, le dernier. Et il n'est pas pressé, l'enculé!

Et, finalement, la chatte qui miaule au point de me faire regarder les cotons tiges avec une certaine envie me porte bien plus sur les nerfs que celle qui semble avoir oublié mon adresse I.P.


Parce que, au final, je suis aussi responsable de ce manque de chatte. Le jeu se durcissant, s'améliorant, les tournois durent plus longtemps. Et on se retrouve donc confronté à un nombre croissant d'occasions. Et à des occasions qui "pèsent" moralement plus que quand on se mange un 3-outers après 45mn de jeu. En même temps, les lectures s'améliorant, on se retrouve plus souvent en position de badbitable que de badbiteur (c'est pas copyrighté, usez-en comme vous voulez si vous aimez). Et le phénomène ne va qu'en empirant puisque, évaluant mieux sa fold equity, on est aussi moins souvent payé quand on n'a pas la meilleure main (notamment sur les resteal).

Vous y croyez. Ou vous pensez que je me cherche une bonne raison de ne pas partir en life tilt après une nouvelle nuit de cauchemard (bim!). Aucune idée de ce qui est le plus proche de la vérité...

Pour l'instant, je fais de mon mieux. J'essaie d'aller le plus loin possible à chaque tournoi. En espérant qu'un jour ou l'autre, lorsque je touche enfin une belle main après deux heures de survie à grands coups de shove et/ou de resteal, elle tienne. AA doit battre KQ ou 86 la plupart du temps. KK devrait sortir le plus souvent vainqueur contre A6 ou 55. Et AK est censé être favori contre KQ, AQ ou même A8.

Et il serait bien que ça arrive vite. Genre... avant que je craque. Ou que la bankroll craque. A ce rythme là, il va en effet bientôt me falloir gagner le $320 du mercredi pour retrouver un peu de noir sur mes feuilles Excel...

J'exagère un peu. Mais pas tant que ça...

Et ce sera tout ce kipik pas très intéressant pour aujourd'hui. Mais ça vaut mieux, avant que l'envie de vous raconter mes derniers badbeats ne devienne trop forte...

Des larmes... aux perfs

Aujourd'hui, on va faire dans le bizarre. J'avais en effet débuté un post mercredi... que j'ai laissé en route pour mieux me concentrer avec des choix difficiles sur toutes les tables. Quand on se plaint que ça ne marche pas, la moindre des choses est au moins de les faire à fond. Pour autant, je n'ai pas eu envie d'envoyer directement ce texte à la poubelle comme ça m'arrive assez souvent. Parce que la solution arrive ensuite, dans la nuit. Et que ça permet de bien voir le genre de problématique qui se pose à un joueur.

Donc, post en deux parties...

Mercredi. 18h30-21h30
Encore une journée terriblement frustrante avec deux bulles à la clé... pour toute "satisfaction". Ça devient lassant. Et limite inquiétant. Mais je n'ai pas l'impression de trop pouvoir y faire grand chose. Je ne gagne pas le flip qu'il faut gagner. Ou je tombe sur un mauvais setup. C'est la vie.

Je suis tout de même plutôt satisfait de ces derniers jours. Les résultats ne sont pas là mais je termine en général les deux premières heures avec des stacks plus élevés que par le passé (et un passé pas si ancien, lol). Mon gros souci s'est en fait décalé vers le mid game. Aux alentours de 20-30BB. C'était pourtant un stade du jeu qui ne m'avait jamais posé de problème. Mais, là, je ne sais pas pourquoi, je souffre. Rien ne semble vouloir fonctionner correctement.

En même temps, c'est un "problème" récurrent : on change une partie de son jeu (par exemple, ici, en étant plus agressif en début de tournoi pour profiter de la profondeur) et c'est une autre qui se dérègle. Classique.


Et je vais attendre un peu avant de vraiment remettre en question ces changements. Je pense qu'ils font du bien à mon jeu. Reste encore à jouer quelques tournois sans que la BB se réveille avec AA quand je reraise avec 99 (ou Q8). Ou AJ quand j'ai A9 (ou 83, lol). Ou que je gagne un flip (le flip, en fait, vu que j'en joue très très peu). Ou que le donkey de service qui call mon stack sur un flop 78Q avec A8 ne trouve pas un de ses outs derrière pour busto mon pauvre TT. Malheureusement, ce n'est pas le cas depuis quelques temps. Patience, patience...

Un petit détail, tout de même : j'ai déjà remarqué que j'avais tendance à rester un poil trop agressif un peu trop longtemps. Il y a une limite à partir de laquelle relancer AT ou 22 devient clairement perdant car les risques de reraise, que ce soit par un big stack en position, un short qui trouve enfin une bonne main ou un BB agressif, deviennent clairement trop élevés. De toute évidence, je n'ai pas encore une vision très claire de cet instant. Ça n'a l'air de rien mais une main de ce genre par tournoi (le pire étant bien sûr quand on se retrouve condamné à payer le shortstack ou la surelance) suffit à passer d'une situation confortable à shortstack à court terme.


Vendredi. 8h
Deux autres nuits depuis le début de ce post. Toujours pas de gros résultats mais... quatre bulles (lol). Un deep run dans un $27.5. Un encore plus excitant dans le $320 du mercredi (même s'il finit en eau de boudin, splittant AQ contre KQ puis perdant AJ contre AT. Deux mains qui m'auraient permis d'aller me battre pour une TF je pense). Et une 13ème place hier dans le $109 de 19h sur PS. Pas tant que ça de ratés à côté. Avec pour la plupart d'excellents départs qui déchattent ensuite.

Mon jeu commence à mieux se caler. Depuis que j'ai laissé en plan la première partie de ce post, je me suis surtout attaché à négocier ce virage dangereux entre le moment où l'on dispose d'un tapis de 50bb et celui où on se retrouve à jouer avec 25-30.

En fait, je crois que mon problème était tout simple : j'étais tellement focalisé sur l'idée d'être agressif que je n'anticipais plus la montée des blinds qui impose de ralentir le rythme. Bilan, je me retrouvais la plupart du temps à jouer un coup boiteux, qui n'est pas gênant quand on a de la profondeur devant soi. Mais qui devient terriblement handicapant quand, dans les 2min qui suivent, on voit sa profondeur divisée par deux. Et la différence entre gérer paisiblement sa "fin de deepstack" pour arriver avec 27-35bb au niveau suivant et "un p'tit dernier pour la route" qui, une fois la division effectuée, laisse un tapis de 18-25bb est tout simplement énorme. Tout ça pour, le plus souvent, tenter de gagner 1.5 à 5-6bb... avant division.

Il n'y a aucun problème à prendre des risques quand on sait qu'on va encore jouer deepstack pendant 15mn. C'est par contre un terrible handicap que de prendre ces mêmes risques quand il ne reste plus que quelques mains à jouer dans ces conditions.

Le mot d'ordre est donc : ANTICIPER.


Ceci dit, manque encore un petit peu de chatte pour péter la baraque. J'avoue que j'étais au bord des larmes en sautant du $320 faute de pouvoir gagner deux fois de suite contre un 3-outers. Et que les "badbeats" de la nuit passée m'ont un peu mis à bout.

Mais passée l'inévitable déception -le temps de se rappeler qu'aller au bout d'un tournoi est l'exception-, je sens que je suis au bord d'une belle perf. Mon jeu progresse de jour en jour. Plus loose. Plus aggro. Plus tough. Plus tricky. Reste encore un peu de travail (pour l'instant, quand ce sera fait, je trouverai forcément autre chose à améliorer) sur le value light et le reraise/rereraise. Je suis très à l'aise quand il s'agit de jouer le flop (même quand il faut jouer deux heures avec vietcong deux sièges à sa gauche. Et pas la peine d'espérer trop voir de flops sans lui). Je suis bien décomplexé niveau buyins. Reste encore un peu trop de tension liée à l'envie de faire une perf. Mais j'essaie de me soigner de ce côté. Patience. Patience. Patience...

Quelques petits ajustements dans le planning tout de même. J'ai testé les $162 de la nuit sur PS et j'ai détesté. Comme un $109... en beaucoup moins bien : trop gros field. Mais aussi field beaucoup plus tough. De même, je délaisse un peu Full Tilt pour l'instant : quelque chose me gêne dans la structure que je ne m'explique pas. Je me limite donc à un ou deux tournois maxi par jour, à $55 ou $75. En attendant de comprendre les ajustements nécessaires pour cesser de passer tout à coup de "parmi les big stacks bien deep" à "putain! mais j'ai plus que 15bb, là". Ou alors je suis juste trop con... parce que, quoi que je fasse pour l'instant, j'ai beau essayer de jouer très aggro ou, au contraire, super tight, le scénario est le même : condamné à aller jouer un flip à la bulle. Pas très rentable...

Par contre, je pense être définitivement accroc aux $320 de PS (mercredi et samedi). Les levels de 20', c'est vraiment du pur bonheur. OK, ils sont certainement un poil au-delà de mes moyens. Mais rien à foutre. S'il le faut, j'abandonne les tournois du dimanche avec leurs structures semi-boiteuses. Et pas la peine de me dire que le niveau moyen des tables n'est pas en faveur des $320 : de toute façon, prendre un 3-outers par johnnybax ou le glandu qualifié à la méga chatte dans un $2.20 triple turbo octuple shootout 100 chips de départ... ;)


Voila. Voila.
Le mois replonge dans le rouge. Mais le moral est là. La confiance suit. L'envie est plus grande que jamais. Et le jeu en progrès. Que demander de plus ? (ta chatte! ta chatte! ta chatte!)


Et ce sera tout ce kipik qui need ta chatte pour aujourd'hui (et demain. Et après-demain. Et plus si affinité. T'es chez toi!)

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