no fun, no glory
On continue à se ménager. Et tout va pour le mieux. Y compris... en fait, non, pas y compris : à commencer par le moral.
Journée d'hier : une petite heure de deux tables pendant l'heure de rebuy du $3 et du $22 (le $3, c'était pour meubler, rien à foutre). Puis, vu que le $22 R+A se passait pas mal, un petit $22 PLO8 et un satellite WCOOP en mixed O8. Bilan ? ITM du $22. 18ème du PLO8. Qualifié au satellite. Et +2 caves de NL200.
Une bonne courte session qui rapporte très correctement. Et fait très plaisir. Je suis super à l'aise en NL200 et vais pouvoir franchir le pas de la 400 en confiance. Mes petits doutes sur le PLO8 s'évacuent : j'ai joué le $22 en mode super aggro et était chipleader facile peu avant la bulle (juste joué une main comme un pied en m'accrochant à un mauvais AA. Ça ne m'arrive pas souvent mais ça m'arrive encore).
Mais le principal est d'être sur une bonne "pente". Juillet avait été très mauvais et avait commencé à me faire douter. Août semblait suivre le même chemin. Mais, quelque part, je suis parvenu à sortir du cercle "dépressif" dans lequel j'étais en train de m'enfermer. Je ne sais pas si cela c'était senti à travers mes posts mais ça n'allait vraiment pas fort.
Un vieil ami m'a dit il y a peu : "t'as jamais accepté de transpirer et c'est pour ça que tout le monde te détestait/appréciait". C'était pas faux. Et je crois bien que seul le poker est parvenu à me faire accepter l'effort. Hélas, comme tout ce qui a toujours été contre ma nature, tôt ou tard, ça craque. Il faut que je me connaisse bien mal pour m'étonner d'enchaîner mois positifs et négatifs.
Maintenant, je ne prétend pas non plus avoir trouvé la formule miracle. Et il m'arrivera probablement d'oublier encore à l'avenir la petite leçon de ces dernières semaines :
quelle que soit ma motivation, je ne joue mon meilleur poker
que quand j'y prend plaisir.
Ça paraît peut-être évident. Mais ça s'oublie si rapidement...
Service minimum
Quand je disais que je ne jouais pas lourd...
Journée d'hier : satellite Summer Club Poker NLHE avec une table de CG en parallèle puis satellite Summer CP HORSE et NLHE $20 R+A. Bonne table de cash. Qualifié aux deux CP de dimanche (heureusement qu'on a encore de la fold equity à 2BB, lol). Et c'est tant mieux car la structure des satellites en HORSE était purement ignoble. Toujours incapable de faire quoi que ce soit dans ce $20 R+A qui m'échappe complètement. Le changement de structure (c'est maintenant 3000 chips par rebuy) n'a rien changé, ce tournoi est toujours pour moi une source inépuisable de "bad". Hier, ce fut card dead complet avec un super donkey qui jouait 75% de ses mains à ma gauche. Pas vraiment moyen de faire grand chose. Parfois, on saute à la bulle et c'est déjà une satisfaction...
Du coup, je vais répondre à quelques questions en suspens.
Faire une vidéo d'un tournoi de HORSE ?
why not. Mais ce qui me gêne, c'est que les mains en elles-mêmes auraient peu d'intérêt (mieux vaut un tournoi de razz ou d'O8 pour parler razz ou O8). Or, je ne vois pas ce que le support audiovisuel apporterait à l'écrit s'il s'agit de parler de la dynamique. Si j'en vois un qui me donne envie, je ne dis pas non. Mais, dans l'absolu, ça n'est pas trop en projet.
La suite (et fin) du PLO8 ?
ouch. Je l'ai déjà enregistré trois fois. Et trois fois, pour trois motifs différents, ça a foiré. Inutile de dire que l'envie d'une quatrième prise n'est pas très forte. Et plus le temps passe, moins mon commentaire sera précis. Un jour où, vraiment, mais alors vraiment, je m'emmerde...
Faire des SNG contre la variance ?
J'avais fait l'essai des SNG. Mais les SNG ne sont intéressants que joués en très gros volume. Et il n'y a rien de plus chiant. Donc, à titre d'exercice ponctuel, me lancer dans un petit 200 SNG, ok. Mais pas tous le temps. Et la solution qui consiste à en jouer quelques uns pour "meubler" l'écran, j'ai déjà donné. Avec des résultats très mitigés : comme tout ce qui meuble, ça n'est pas vraiment joué au mieux. Donc, pas idéal.
Stacking WCOOP ?
J'y réfléchi. Mais je n'ai même pas toujours établi mon planning. Et des inconnues subsistent : quid de mon niveau en 8-games (je me sais weak en PLO et moyen en 2-7 et stud. Jouable ? Il me faut aussi sérieusement réfléchir à la prise de risque acceptable en NLHE). De même, j'ai quelques doutes sur mon jeu en PLO8. Si j'enlève le 8-games et les deux tournois impliquant du PLO8, avec quelques tournois payés en FPP et sats, pas sûr d'avoir besoin de stacking. La dernière expérience, lors des FTOPS, m'a encore une fois laissé un goût amer. Je vous tiens (bien sûr! lol) au courant...
Bilan stackings
Puisque certains s'interrogeaient sur ma capacité à trouver des "pigeons" qui n'y gagnaient jamais rien ;)
Donc, en 2007, j'ai reçu $2033. C'est un peu particulier car une bonne partie de cette somme comprend en fait des "dons"... que je n'ai jamais envisagé de ne pas rendre sous une forme ou une autre. Et reversé $1250. Pas terrible en terme de ROI (lol) mais c'est déjà ça.
2008 est aussi difficile à démêler car il comprend une grosse participation en backing à long terme. Toutefois, ça donne un In de $4168. Pour un out de $3000. Et un "encours" de $1300 environ (difficile à chiffrer puisqu'il évolue tous les jours...). Au jour d'aujourd'hui (j'adore cette expression), mes backers dégagent donc sur 2008 un somptueux bénéfice de... $132 (ou un très excitant ROI de 3%... weeeeeeeeeee!!!!!).
Évidemment, c'est pas bandant. Mais ça n'est pas non plus si sombre que ça. Au cas où, je rappelle tout de même que l'objectif du stacking est d'aller chercher la grosse perf. Pas de dégager un ROI de 20%. A ce point de vue, c'est bien évidemment un raté. Mais un raté pour tout le monde, moi le premier puisque ma bankroll ne décolle pas (ce qui est le but, je ne joue pas ces gros events par pur masochisme ou juste pour le plaisir de dire "j'y étais").
Mais, bon, je me rassure en constatant que Moorman vient seulement de faire sa première TF d'un FTOPS (et en HORSE, lol). Quand on connaît le talent du bonhomme, ça permet de mieux mesurer la difficulté à aller chercher ces grosses perfs...
Les WCOOP sont toujours l'occasion de réfléchir à ce genre de problématique. Et si quelqu'un souhaite me financer le $10k HORSE, je ne saurai pas le convaincre qu'il prend un risque considérable et devrait peut-être plutôt placer cet argent sur un meilleur "spot". Pour le reste des WCOOP, je ne suis donc toujours pas fixé. Mais, par contre, je suis toujours ouvert à toute forme de proposition sur un backing "longue durée"...
Et ce sera tout ce kipik qui vous répond pour aujourd'hui.
Lentement mais surement...
Entre le break, l'après-break oisif et ces derniers jours, j'ai pu réfléchir à pas mal de "points de détail" qui n'en sont certainement pas.
Parce qu'il faut bien se rendre à l'évidence : si je ne serai jamais une machine à grinder du cash game, je ne serai probablement pas non plus capable de tenir les contraintes du "gros volume" en tournois. Certes, mon volume est déjà conséquent. Mais il est très en-deça des 10-15 MTT quotidiens des meilleurs. Je génére beaucoup trop de frustration quand j'approche de ce niveau. Et, tant que je ne saurai pas gérer cela correctement (si jamais j'y arrive), il me faut trouver une approche différente.
L'absence de résultat nuit gravement aux chances de résultat futur.
De toute façon, ça tombe plutôt bien : rien que de voir des tournois à 1000, 2000 ou 3000 joueurs me donne envie de vomir. Je n'en peux plus. J'ai trop donné. Ca ne m'a jamais posé de problème de jouer des "huge fields". Bien au contraire. Mais je commence maintenant (enfin, depuis quelques temps mais je le réalise seulement) à en ressentir les effets à long terme sur le moral/mental.
L'abus de variance nuit gravement à la santé.
Mon plan du moment est donc de faire totalement l'impasse sur les "gros" tournois. Tant pis si mes résultats y sont plus que corrects. L'effet d'usure qu'ils produisent est trop dangereux. Le poker est avant tout une question de discipline. Et l'effet de semi-tilt permanent auquel amène un bad run en MTT n'aide clairement pas. Je pense d'ailleurs que j'en étais arrivé inconsciemment à cette conclusion en réintroduisant les MTT en Omaha 8 et HORSE dans mon planning. Ou en affichant un dégoût pour le NLHE.
Donc, pour l'instant, quasiment pas un seul tournoi à 400+ joueurs. A l'exception probable du $109 de 19h ou de l'envie d'un moment (mais, vraiment, en ce moment, ça ne me fait pas du tout envie). Plus de O8 et HORSE. Plus de satellites (même si j'aime rarement les sats proposés par PS, une des -rares- choses que j'apprécie chez FT). Et une bonne dose de cash games. Objectif : réduire au maximum la variance. Pour arrêter de trop se prendre la tête.
Du coup, je passe un temps fou à regarder le lobby de PS. Nan. Nan, pas celui-là. Nope. Non plus. Me plaît pas... Une vraie gonzesse devant des vitrines ;)
Ce qui veut dire qu'il va me falloir m'ouvrir de nouveau à d'autres rooms (PS+UB en premier). Ou je vais vite me faire chier...
Tout ceci pour en arriver à cela : je ne voulais plus trop jouer en NLHE. Me saoûle. Et puis, l'autre nuit (ne me demandez pas laquelle), je vois un joli petit $22 Rebuys qui dépasse tout juste les 200 joueurs. Et j'ai craqué. Rebuy catastrophique, j'ai failli abandonner avant la fin de l'heure. Mais mes 5000 chips au premier break ont été suffisant pour aller jusqu'en TF. Et décrocher une seconde troisième place en une semaine. Bon jeu tout le tournoi, je ne pense pas avoir commis d'erreur. Peut-être un léger manque d'agressivité en TF mais j'ai vraiment enchaîné les poubelles et n'ai déjà pu tenir qu'avec quelques resteal... tendus. Donc, plutôt satisfait du résultat. Même si une troisième place est toujours un peu frustrante. Celle-là ne me laisse aucun goût amer...
Et, depuis, c'est un peu kipik fait relâche. Très peu joué. Un ou deux tournois ici ou là. Une demi-finale dans le $11 HORSE 25000 chips (histoire de confirmer que cette structure est purement monumentale). Une autre dans le Sunday CP Stud (à force de travailler mon stud, ça commence à devenir à peu près correct). Et c'est à peu près tout.
J'en profite au moins pour m'occuper de tout ce qui n'est pas lié au poker (il y a à faire!!!).
Et ce sera tout ce kipik assez loin du poker pour aujourd'hui.
Un retour = une TF (je repars quand ?)
Il y a des pauses qui durent plus que prévu...
J'étais revenu bien gonflé de mon week-end. Le moral à bloc. Mais, au moment de me remettre à jouer, impossible. Piaffades. Rebuffades. Et refus. Tout plutôt que de m'y mettre. En même temps, j'ai appris qu'il ne servait pas à grand chose de vouloir forcer les choses. Pour bien jouer au poker, il faut d'abord avoir envie. Il faut y prendre du plaisir.
Enfin, au moins pour moi. Je ne suis pas une de ces machines capables de jouer 6h/jour, 7j/7 contre vents et marées. Me faut du fun!
M'enfin, ça, c'était jusqu'à hier soir. J'allais lancer une petite série quand je vois un message sur skype m'informant que PS testait des nouvelles structures de tournoi en vue des WCOOP. Et, là, j'ai craqué pour un $44 HORSE avec une structure comme je n'en avais jamais vu. Une pure merveille! Quel bonheur de pouvoir jouer des moves en razz ou stud après 4h de jeu avec des mains très spéculatives.
Je me suis régalé. Avec en plus un field correct de 136 joueurs au départ. Et une troisième place 10h et beaucoup de combat plus tard. Je sais très bien que c'est au joueur de s'adapter à la structure et pas l'inverse. Mais, dans une si belle, tous les joueurs que je répertorié comme weak, à un moment ou un autre, sont peu à peu passés à la trappe. Quelle que soit la taille de leur stack. Le plus bel exemple est un joueur qui est arrivé à ma table avec 65k (triple du départ et plus du double de la moyenne) et ne cessera pas ensuite de se plaindre de tout perdre, main après main. Inexorablement (ok, enfin réussi à le caser celui-là). Une mauvaise free card par ci. Un value raté par là. Un autre payé trop loose. Aucun stack ne peut résister dans aucune structure à ce genre d'erreur. Mais plus la structure est belle, plus ces erreurs vont profiter aux joueurs plus attentifs.
Et comme toute règle doit admettre une exception, il y en eut une, tout de même. J'ai pu observer le plus gros réservoir de chatte qu'il m'ait été donné de voir en action. Au moins 8 heures de pur gros chattage en mode "bet & pray". Si vous hésitez sur le choix d'une religion, j'ai les coordonnées du garçon qui se fera peut-être un plaisir de vous convertir. Personnellement, j'ai longtemps hésité entre la conversion et le tilt (que beaucoup ont préféré, d'ailleurs...)
Tout n'avait pourtant pas bien commencé et je commençais à grogner un peu vu que mon break ne semblait absolument pas avoir changé la tendance "déchatte". Mais, après 2h de jeu environ, j'ai surtout remarqué combien mes réactions étaient différentes. Notamment contre la perpétuelle boîte à chatte. Pas d'énervement. Pas de stress. Pas d'excitation inutile. Un jeu bien calme. Bien posé. Tranquille. Au point d'annoncer après 4h de jeu, alors que Mr Chatte avait 7 fois mon stack que je préférais mes chances de gagner le tournoi aux siennes. Et j'y ai bien cru, une fois rendu à trois joueurs, quand j'ai poussé à mort dans le tour de razz (quand un joueur est mauvais, le razz est son pire cauchemard). J'aurai réussi à lui prendre les 2/3 de son stack en 15mn pour prendre le chiplead. Mais sa chatte est revenue en studs et je n'ai rien pu faire (pour être honnête, j'aurais sans doute pu faire mieux. Pas vérifié mais je doute avoir joué mon meilleur poker en stud, qui n'est de toute façon pas "mon" jeu, après 10h intenses. Néanmoins, contre un gars qui bet/raise/reraise any 3, paire une carte visible en 4ème ou 5ème et trouve la seconde
paire en 7ème systématiquement... pas grand chose à faire).
Bref : bonne satisfaction pour une reprise. Mon "état d'esprit" m'a beaucoup plu. Même si je suis conscient que la structure, mais surtout le plaisir qu'elle m'a procuré, y est pour beaucoup. Ca n'était pas un gros tournoi. Mais j'avais rarement été aussi motivé.
Ce qui va probablement m'amener, dans les jours prochains, à devoir réfléchir à ce qui me motive vraiment. Et à en tenir beaucoup plus compte à l'avenir. Je sais depuis longtemps que je ne suis pas une "machine" à enchaîner les sessions de cash game (même si je progresse. Pas assez mais je progresse). Je découvre que, si je n'ai aucun mal, et même beaucoup de plaisir, à enchaîner les MTT, ça n'est pas non plus sans conséquences négatives sur ma "motivation". Et, donc, quand ça ne sourit pas, sur mon jeu en général et ma résistance au tilt en particulier.
Plus je joue, plus je vois les erreurs des autres joueurs. Ça devrait me réjouir (eh! oh! mieux vaut 8 abrutis à sa table que 4 Ivey et 4 Antonius, hein!). Mais la frustration des MTT qui s'accumulent en vain me met hors de moi rien qu'à voir comment ça joue mal. Et, en MTT, ça joue parfois dramatiquement mal. Et voir tous ces débiles mentaux faire de la merde et monter des stacks de folie alors qu'on peine comme un bagnard pour des clous, à force, ça pèse...
Espérons que ces quelques jours loin des tables m'auront remis un peu les idées en place. Et la réserve de frustration à zéro. Je veux des débiles ! Du bon gros fish qui s'envoie en l'air avec deux overs ou second pair. Ou ne sait pas lâcher sa petite paire préflop. La vie serait tellement plus difficile s'ils n'étaient pas là... Et tant pis s'ils chattent. Tant pis s'ils semblent par moment toujours chatter contre moi. C'est pas grave...
OK, le moral semble visiblement revenu. Reste plus qu'à trouver l'envie de rejouer en NLHE. Aucune idée du pourquoi de la chose mais j'appréhende de m'y remettre...
Et ce sera tout ce kipik qui remonte doucement en régime pour aujourd'hui.