Découverte majeure pour l'humanité aujourd'hui : un clavier de portable qui tourne depuis 72h est parfait pour réchauffer des pains au chocolat. N'oubliez pas, tout de même, de les laisser dans leur emballage sinon, la maison décline toute responsabilité. yummy!
Dans l'univers plus prosaïque de ma petite vie quotidienne, pause-chatte hier. La physique nympho a opté pour un mode roulage sur le sol en essayant de (mal) imiter un roucoulement de colombe. Ce qui m'a permis de jouer sans partir en tilt toutes les cinq minutes. L'abstraite volage n'a pour autant pas fait son comeback et m'a cruellement fait défaut en fin de tournoi. Je saute avec un très bon tapis, et la possibilité de passer chipleader, sur un coup immonde dans le $8.80. Je rate le top 27 dans le $27.50 sur un coinflip. Je saute encore du $55 contre une paire inférieure qui trouve son brelan... troisième fois de suite, j'adore ce tournoi! Et j'ai passé le reste de la nuit à trouver des overpairs en face.
Tant pis, ce ne sera pas encore pour aujourd'hui. Mais la confiance est toujours là. Et la constance aussi. J'ai joué 19 journées depuis le début de l'année et suis à 50/50 entre les sessions gagnantes et les sessions perdantes... pour les seuls tournois. Ce qui ne m'était jamais arrivé auparavant. Et m'étonne moi-même. Presque autant que les 31% de places payées... qui sont aussi beaucoup plus profondes qu'auparavant.
Ca pourrait (ça devrait ?) m'inquiéter. Parce que ça a toutes les apparences d'un super good run... et que ça laisse craindre un retour de bâton qui ferait très très mal. Mais la vérité est que je run plutôt bad, en fait. Je suis très très en-dessous des 50% de coinflips gagnés. Je touche très peu de gros jeu, surtout dans les moments cruciaux. Je perd un nombre hallucinant de 2-outers préflop ou de 3-5 outers au turn. Mais mon jeu s'est vraiment posé. J'arrive de mieux en mieux à monter en jetons sans prendre de risques. Tout en douceur. Et à placer de bons moves au bon moment quand la douceur ne suffit pas.
Le pire (enfin, pas vraiment, hein), c'est que ça me semble aujourd'hui d'une extrême facilité. Et si je dis "le pire", c'est que rien ne me fait plus peur que de me retrouver dans une (fausse ?) impression facilité. Et de me laisser aller ensuite... On verra bien. Aucune raison non plus de paniquer, lol
Je cherchais ce qui pouvait expliquer cette amélioration plutôt brutale. Et deux phrases me viennent. La première est de Phil Hellmuth dans un vieux Poker After Dark (j'avais un peu de retard) qui disait (en gros et sans son style inimitable) :
Je les laisse me bluffer en permanence et, tout à coup, je me retrouve avec tous les jetons.
La seconde est de
uclabruinz dans la vidéo de sa victoire dans un $100+R :
Chaque fois qu'un joueur est éliminé, votre $EV augmente.
Deux phrases qui traduisent l'importance de la patience. Pas forcément là où on l'imagine le plus facilement, en début de tournoi. Mais plutôt en fin de parcours, une fois dans les places payées notamment.
Laissez-les s'envoyer en l'air sur des
gambles moisis.
Regardez-les tomber comme des mouches
(they're dropping like flies!). Et attendez tranquillement de trouver la bonne main et/ou la bonne opportunité. Sans paniquer.
Ça vient forcément (bon,
ok, parfois, en de très rares occasions, ça ne viendra pas).
Contentez-vous, en attendant, de juste maintenir votre tapis dans une zone qui vous laisse autant de flexibilité que possible. Et, surtout, ne mettez pas en risque la flexibilité que vous permet votre tapis pour un vol de
blinds.
Ces deux dernières phrases ne sont pas forcément évidentes pour tout le monde. Donc, expliquons...
Le "secret" d'un tournoi est d'être pleinement conscient des possibilités que vous offre votre tapis. Et de jouer ces possibilités plus encore que votre main ou la position. Un tapis de 15
BB ne permet pas de jouer de la même façon qu'un tapis de 25
BB. C'est évident pour presque tout le monde quand on dispose d'un très gros (risque négligeable) ou d'un très petit tapis (ratio
risk/
reward extrême). Mais c'est loin d'être aussi facile, et correctement joué, quand on a 12, 15, 18 ou 25
BB.
Prenons un exemple :
Vous avez
KJ au
CO (à droite du bouton). Si votre tapis fait 40
BB, voler est une évidence. Si votre tapis fait 8
BB, vous savez aussi que faire. Que ça vous plaise ou pas. Mais ça demande déjà plus de réflexion si vous avez 18
BB. Sur un tournoi avec des ante, voler va vous faire passer à 20.5
BB. Ce qui ne change pas grand chose. Mais se faire
attraper va vous faire descendre à 15/15.5
BB. Ce qui va réduire considérablement vos options par la suite.
Faut-il voler dans ce cas ? A vous de voir, il n'existe jamais de réponse correcte dans 100% des cas. Disons juste que ça va exiger une sévère réflexion. Sur l'agressivité du bouton et des
blinds. Sur leur "
loositude". Sur votre image. Sur ce que vous ferez si un joueur paie (si un joueur
push, vous savez probablement que faire). Si le bouton paie (vous n'aurez plus alors la position). Si deux paient. Et, souvent, coucher son
KJ sera préférable à relancer pour ramasser les
blinds.
Ça peut certes paraître
weak, mais c'est en fait juste une vision stratégique à plus long terme. Préserver un tapis de 15-20
BB est nettement préférable à prendre le risque de passer
en-dessous des 15
BB à court terme. Et de perdre, ainsi, la capacité à
surelancer avec une
fold equity correcte.
Le poker de tournoi n'est pas qu'un poker "traditionnel" avec quelques contraintes en plus (moins de profondeur, pas de
recave). C'est aussi un jeu en soi. Avec ses propres principes stratégiques. Oubliez les cartes et
concentrez-vous sur les
stacks. Sur ce que le vôtre vous permet. Et ne vous permet pas. Sur ce qu'il sera dans un tour de table. A la prochaine augmentation de
blinds. Ce sont ces informations qui seront décisives dans les 15
mn à venir.
Et sans tenir trop compte du reste de la table. Ou de votre position générale dans le tournoi. Si vous êtes dans les derniers mais avez 14
BB, vous avez 14
BB. C'est tout ce qui importe. Car vous avez encore la capacité de faire coucher sur une
surelance (certes, il faut rester lucide : si vous vous attaquez ainsi au CL de la table qui a 150
BB et est une
calling station, vous n'avez probablement pas de
fold equity. Mais vous en avez sur les joueurs à 25, 30 ou même 40
BB). Car vous avez encore du temps devant vous avant de vraiment vous retrouver dans une situation critique. Il suffit de très peu de temps pour passer de 15
BB à un gros tapis.
Tant que vous préservez ces quinze et quelques
BB, tout est possible. Si vous les mettez en danger, pour un gain qui ne modifierait pas réellement vos possibilités, vous êtes probablement perdant à long terme.
C'est certainement frustrant. Mais jouer un tournoi de poker est frustrant. Seule la victoire (ou au moins la grosse
perf) ne l'est pas...
Et ce sera tout ce
kipik pour aujourd'hui. Pas de poker ce soir, une vieille copine rentre après 3 mois à
Londres. Et sans doute pas demain non plus (ou juste du
SNG dans l'après-midi), ciné nanar entre vieilles couilles au programme. Avec un peu de chance, ma chatte sera revenue plus docile. Mes chattes...