Un week-end à la campagne...

Léger manque d'updates cette dernière semaine. Mais, comme vous pouvez vous en douter à force, c'est qu'elle ne fut pas tendre avec moi. Je vous laissais sur une note positive, avec la volonté affichée de terminer le mois en positif. Et ce fut mon erreur.

Poker Mindset insiste lourdement sur le besoin de se détacher du résultat financier, et de se concentrer sur la seule chose qui compte : la main en cours. De ne pas tenir compte du résultat à court terme mais de s'intéresser seulement à la seule valeur qui ait du sens dans ce jeu de cons que nous aimons tant: le long terme. My bad. Pas faute de l'avoir lu...

Bref, après deux ou trois décisions litigieuses en SNG, puis autant de bad beats, mon résultat du mois tombait légèrement dans le rouge. Et je suis parti totalement en vrille pendant trois jours à essayer de le remettre au vert. Au final, un bon mois bien négatif comme on les déteste. Que dire de plus que "oui, j'ai tout fait pour que ça m'arrive et je me le mets bien profond". Sans le sourire. Mais en sachant où j'ai merdé. Et pourquoi. La seule chose qui me gêne vraiment, c'est que j'avais parfaitement conscience d'être en vrille. Sans pour autant pouvoir en sortir. On va essayer de garder ce sentiment en mémoire comme signal d'alarme. Histoire de shutdown le PC la prochaine fois que je le ressens... ou de le balancer par la fenêtre, nettement plus économique...

Après, c'est pas la mort. Ça rajoute un peu de pression et c'est pas toujours plus mal dans mon cas. Même si la "reprise" cette semaine ne s'est pas non plus faite dans la douceur. Loin de là. En réalité, c'est pas non plus plus mal. Mon jeu semblait plutôt inefficace ces derniers temps. Et je n'arrivais pas trop à comprendre pourquoi. Vu que tout me semblait "normal"...

Plus je joue et plus j'aime en fait ces petites périodes de tilt. Ou de semi-tilt. Où l'on joue avec des oeillères format XXXL. En enchaînant main sur main sur main sans jamais vraiment prendre le temps de respirer. On sait qu'on fait de la merde. Et on se révèle incapable de l'éviter. De l'arrêter. Une fois la poussière retombée sur le champ de bataille, on prend bien sûr avec effroi conscience de l'ampleur du massacre. Et on se lamente/flagelle sur la façon désastreuse dont on a joué. Mais, après tout, on était en tilt, c'est normal de mal jouer, non ?

Le fait est que, plus ça va, plus je constate que mon jeu "on tilt" n'est pas si éloigné de mon jeu "normal". Et, oui, j'entends d'ici fuser quelques blagues faciles ;) Ce que je veux dire, c'est que j'essaie de plus en plus de regarder mon jeu en période de tilt non plus comme une chose dégénérée soudainement apparue puis qui aurait ensuite disparu après quelques temps (variable celui-là, mais toujours trop long). J'essaie en fait d'observer mon jeu en tilt comme une version exagérée, amplifiée, de mon jeu normal. Autrement dit, de considérer que c'est une période durant laquelle les défauts ressortent plus qu'ils n'apparaissent.

Le tilt est coûteux, imprévisible et difficile à éviter. J'ai longtemps cherché à le combattre. Mais je ne me sens plus trop l'âme d'un Don Quichotte. De toute façon, c'est très probablement un combat impossible. Et pas forcément la meilleure façon d'aborder le problème. Après le déni, le refus, vient l'acceptation. Et, pourquoi pas, la valorisation ? Si tilter sert, in fine, à améliorer notre jeu, alors son coût devient négligeable. Et ne pas toujours réussir à l'éviter un problème mineur (ce qui tombe bien, hein).

Ce dernier m'a permis de déceler au moins trois gros défauts, extrêmement récurrents, auxquels je ne prêtais plus aucune attention tellement ils étaient devenus partie intégrante de mon "style". Vus on tilt, c'est effroyable. Mais, avec un peu de recul, j'ai été frappé par le fait que, finalement, je faisais la même chose au quotidien. Encore et encore. Sans trop y réfléchir, par habitude. Certes, à un degré moindre. Mais, tout de même...

Et ce sera mon conseil du jour : certes, il est intelligent de chercher à éviter de tilter (obv). De soigner son mental, son hygiène de vie/jeu, d'être attentif aux petits signes annonciateurs. Mais quand (j'allais dire "si", lol) le tilt survient, j'ai remarqué que beaucoup de joueur, et moi le premier, vivaient cela un peu comme une période honteuse de leur "carrière". Qu'il fallait essayer d'oublier au plus vite. Et, là, je suis finalement de moins en moins d'accord. Le tilt est naturel. Il est normal que cela arrive de temps en temps. Le tout est de faire que chaque tilt dure le moins longtemps possible, avec le moins d'effets négatifs. Mais, derrière, si on peut en tirer quelques enseignements, assez en tout cas pour corriger quelques défauts oubliés, ou ajouter de nouvelles armes à son arsenal, alors ce tilt aura au final été une bonne chose.

Reste à savoir si je pratique la méthode Coué. Ou si j'y crois réellement. Et peut-être tout cela n'est-il que du vent. Peut-être suis-je seulement capable de donner mon meilleur, de m'impliquer réellement dans mon jeu, d'être attentif et plus en pilotage automatique, qu'après avoir connu une de ces semaines noires où l'on s'enlise désespérément. Mais une chose est sûre : mon jeu à beaucoup évolué dans la semaine. Au fur et à mesure que je cherchais à corriger ces défauts de fond. Et je recommence à faire quelques bons deep runs. Qui sentent bon la perf arriver.

Un peu de patience, ça va venir dans la semaine. En attendant, j'ai enfin obtenu la hand history du SCOOP 6-max, la vidéo va suivre. Même si je ne garantis pas un haut niveau stratégique :) Le projet Pokernews se concrétise. Ça devrait se lancer dans les jours à venir. Reste le programme des SNG qui va se retrouver mis de côté pour le moment; le temps de retrouver la confiance et le jeu.

Et se sera tout ce kipik au vert pour aujourd'hui

  1. gravatar

    # by Anonyme - 11:04 PM

    Gros gros tilt de ma part (à mon faible niveau ça ne m'a pas couté trop cher mais enfin bon...:( ...) moi aussi cette semaine, et je me retrouve dans ton article... J'ai beaucoup aimé le passage de la poussière qui retombe sur le champ de bataille, image caractéristique de ma semaine achevé...Semaine ou j'ai détruit 1 mois de travail acharné (merci).

    Bonne continuation

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    # by jasty2k - 11:31 PM

    Pour ma part j'ai remarqué que je tilt très peu en SNG.
    En revanche, pour les quelques HU / MTT faits, le tilt arrive très très vite.

    Et moi aussi je n'arrive pas à contrôler ça.

    PS : je sais pas si c'est une coïncidence, mais le mot à taper pour prouver que je suis pas un bot afin de valider mon message est "grinde" :p

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    # by Anonyme - 1:44 PM

    revoir le film "two for the money"....:


    tu pourrais finir par te mettre en danger et aimer perdre, simplement juste pour te sentir vivre !

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    # by Anonyme - 2:38 PM

    Accroche toi mec, la perf' approche ;)

    DrGonzo

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    # by Hoer25 - 5:32 PM

    Ce que je ne comprends pas, c'est que tu n'arrives pas encore à vaincre ce phénomène de tilt où au moins à en limiter les conséquences, alors que ça fait plusieurs années que tu joues de manière professionnelle au poker.

  6. gravatar

    # by kipik - 7:13 PM

    il dit qu'il ne voit pas le rapport. En fait, il dirait même, si on lui demandait, qu'il gère justement de mieux en mieux ces périodes de tilt. Qu'il pense de plus en plus de toute façon inévitables. Et puis, faut aussi voir ce qu'on appelle "tilt", hein ;)

  7. gravatar

    # by Anonyme - 2:41 AM

    exactement!

    le vrai tilt est sournois, profond, vicieux!

    rien a voir avec un coup de sang consecutif a un bad run passager.

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