Y a-t-il un poker de droite ? Un poker de gauche ? Et Bayrou, c'est un fish ?
Quoi de neuf depuis mon retour ?
Eh ben... je souffre. Ca peut sembler contradictoire avec quelques résultats que j'annoncerai plus loin... mais je souffre. Chaque fois que je retrouve mon PC après un séjour à l'ACF, c'est le même cirque : mon jeu s'est complètement déréglé et pas moyen de le remettre en ordre. Je suis ultra loose. J'attaque tous les flops. Je bluff comme un âne. C'est une horreur. Ca marche peut-être en live où tout le monde (ou presque) n'a qu'une envie : gambler. Mais online, où même le pire loose ressemble à une vieille serrure de l'ACF (ok, j'exagère mais...), ben... ça chie. Et autant le dire : mes résultats en NL de cette semaine ne sentent pas bon. Genre un bon zéro pointé (à l'exception d'une bien moyenne 35ème place dans un $10 NL).
Je joue mal, c'est un drame. Dès qu'un gars bouge, c'est sûr, je le mets sur un move. Je vois un 73s et mes mains tremblent à l'envie de relancer à 8BB. Il boîte river sur un troisième pique ? Ah ah ah! On ne me la fait pas jeune homme! Je paie, moi!
Quatre jours à l'ACF, ça vous tue le cerveau. On ne fonctionne plus avec le même hémisphère. J'ai beau chercher, je ne retrouve plus l'ancien. Autant celui-ci est amusant (alors que l'autre est d'un chiant!), autant je n'ai aucune envie de me marrer en mettant à jour mes résultats de la semaine...
C'en est à un point, je viens même à l'instant de perdre un heads-up contre un pinpin de première : un ITM de sa vie (et pas un gros), un style immonde, un jeu totalement transparent. Mais perdu quand même. T'es fort, là, hein ? OK, voyons voir si tu résistes à la pression... Ah ouais, tu résistes bien...
Bon, pas de panique, je sais que les "vieux" (lol, on dirait que je joue depuis 20 ans) réflexes finiront par revenir; mes flops vus en tournoi redescendre des 45%; et que, au final, ce petit supplément de "joue l'homme pas les cartes" sera un plus pour mon jeu. Mais ça fait tout de même bizarre...
En attendant, je me suis rabattu sur les tournois de HORSE. Avec la nouvelle structure mise en place par pokerstars, je ne saurais trop vous inviter à venir m'y rejoindre, je vais probablement y passer pas mal de temps dans les jours à venir. C'est vraiment un format très agréable à jouer, avec beaucoup de technique, pas mal de bluff, d'action et énormément de rebombissements. Il y a encore pas mal de trucs que je maîtrise mal (ou pas du tout) et chaque tournoi est l'occasion de nombreuses découvertes. Mais, du haut de mon immense expérience (deux TF hier + une petite 11ème place pas chanceuse), voici quelques conseils :
- chaque jeu possède sa propre philosophie. Son rythme. Il est crucial de pouvoir en faire autant. De s'adapter le plus vite possible
- avec la quantité de chips que représentent les ante et le bring-in, les variantes stud/razz demandent qu'on vole énormément. Oubliez votre main et volez. Si ça résiste, chattez ;) (par contre, évitez de voler lors des premiers niveaux, ça joue bien trop les calling stations sous prétextes que les mises sont encore basses)
- le hold'em a une place bien à part. C'est cette variante qui subit à chaque rotation la montée de blinds la plus violente. Du coup, c'est un peu le cimetière des éléphants pour tous ceux qui se sont laissés aller dans les studs parce que c'est pas cher d'aller voir les quatrième et cinquième. On se fait grignotter ses chips plus vite qu'on ne croit et on se retrouve shortstack en HE avec des blinds qui semblent monstrueuses. Anticipez un peu et évitez de gambler en Stud hilo (si vous pouvez) pour arriver avec le maximum de stack en HE où il faudra être aggro. Très aggro.
- autre variante à part, le O8. Ma stratégie est donc de gambler un minimum en stud 8 pour arriver encore frais en HE. Puis de survivre au HE (si possible avec un peu de chips en plus) pour gambler en O8. Cherchez les multiway avec les mains à potentiel. Ne relancez qu'avec des mains moins conviviales et si vous pensez avoir de la fold equity (pas souvent le cas en O8). Jouez ensuite aussi soft que possible en pensant avant tout à faire grossir le pot. Si vous avez la chance de scooper (gagner le haut ET le bas), tant mieux. Dans l'absolu, ce sera assez rare, cherchez à gagner le maximum pour votre moitié. Ca voudra souvent dire éviter de relancer pour favoriser le nombre de payeurs. Et, bien sûr, ne payez pas perdant. Les "second nuts", c'est souvent juste de la merde mieux emballée.
En résumé :
Jouez prudemment en HE. Agressivement, mais prudemment.
Cherchez le volume en O8. Selon votre tapis, jouez aussi loose que possible avec un minimum d'agressivité (pas passif, hein. Mais si le pot est ouvert avant vous, il y aura rarement intérêt à relancer (le mot clé est "rarement"... parfois, il faudra bien inverser la vapeur).
Attaquez à outrance en Razz. C'est la variante la moins bien maîtrisée en général. Avec une bonne lecture du jeu, il y a énormément de petits profits marginaux à multiplier. Volez chaque fois que possible. Et faites attention aux idiots qui slowplayent leurs bonnes mains (limp 3ème, pas forcément de bet quand leur tirage rentre). Ces joueurs sont généralement ceux que vous souhaitez le plus voir sortir, inutile de les engraisser (et, non, faire comme eux serait une erreur. Ils sont juste chiants)
Continuez à voler en stud mais jouez serré-agressif (bon, ok, c'est la variante que je maîtrise le moins. Si ce n'est pas votre cas, je présume qu'un jeu loose peut donner d'excellents résultats. Mais apprenez-moi, alors!)
Prudence extrême en stud hilo. on se retrouve très vite à avoir un bout de main avec un ou des tirages, le plus souvent longs mais... une fois une ou deux street payées, bonne chance pour faire marche arrière. Le stud hilo, c'est comme les sables mouvants. On rentre avec A2Q bicolore parce que ça a du potentiel, on trouve une carte de sa couleur, un low, une paire et, là, c'est le drame! On se retrouve à payer des mises énormes, voir une relance, pour une chance de gagner un demi pot... Ennui supplémentaire : lors des 2 ou 3 premières rotations, c'est aussi le paradis de la loose. Si vous avez KKT, bonne chance pour espérer faire coucher qui que ce soit. Quand les blinds montent, poussez vos mains faites et gamblez un peu sur vos mains à scoop, ça devient enfin jouable...
Voila. C'est pas grand chose et ça ne fera pas de vous un champion de mon calibre (lol). Mais ça devrait vous aider, j'espère, à mieux comprendre la petite mécanique du système. Vous conduisez une 5 vitesses, apprenez à vous en servir.
Pour le fun, un petit picoti picota amusant (mais ne le sont-ils pas tous ?) en bonus :
PokerStars Game #7082011653: Tournament #36183211, $20+$2 Hold'em No Limit
Level I (10/20) - 2006/11/18 - 23:00:18 (ET)
Table '36183211 1' 9-max Seat #6 is the button
Seat 1: ExtinguisH (1400 in chips)
Seat 3: Abellyus (2990 in chips)
Seat 5: schwertner2 (3340 in chips)
Seat 6: bdubs3737 (3860 in chips)
Seat 7: allencork (1480 in chips)
Seat 8: TxRaider3 (710 in chips) S
eat 9: six_eight64 (1000 in chips)
allencork: posts small blind 10
TxRaider3: posts big blind 20*** HOLE CARDS ***
Dealt to Abellyus [Th Jh]1 fold
ExtinguisH: calls 20
Abellyus: raises 40 to 60
3 fold
TxRaider3: calls 40
ExtinguisH: calls 40*** FLOP *** [Ts Tc Td]
TxRaider3: checks
ExtinguisH: checks
Abellyus: checks*** TURN *** [Ts Tc Td] [7c]
TxRaider3: checks
ExtinguisH: bets 60
Abellyus: calls 60
TxRaider3: calls 60*** RIVER *** [Ts Tc Td 7c] [9c]
TxRaider3: checks
ExtinguisH: bets 100
Abellyus: raises 1100 to 1200
feignons le débile qui vient de trouver sa flush...
TxRaider3: calls 590 and is all-in
ExtinguisH: folds*** SHOW DOWN ***
Abellyus: shows [Th Jh] (four of a kind, Tens)
TxRaider3: shows [Jc 9d] (a full house, Tens full of Nines)
Abellyus collected 1650 from pot
et ce sera tout ce kipik pour aujourd'hui.
de retour au bercail
De retour à Nantes, il me reste à savoir comment écrire un peu sur ce séjour à l'ACF. Commenter du poker live n'a rien de facile. Données incomplètes, rôle des reads (quanti et quali) bien plus important, image primordiale... difficile de prendre une main par ci par là et d'analyser son jeu en s'appuyant sur un +ev de quelques points.
Commençons par quelques simplicités :
jeudi
soirée dans le pub d'un pote. Quelques pintes, du saucisson, quasiment le bonheur. Après ça, gros doute : je vais jouer ou je suis raisonnable et me repose pour le lendemain ? Finalement, j'ai beau être épuisé, l'envie est la plus forte. Et la bière sans effet notable, elle aiderait plutôt, au contraire, à faire passer le stress que je ressens à chaque nouveau séjour à l'ACF. Session sans histoire, de jolis pots, je me paie surtout en callant quelques bluffs trop appuyés et sur une main amusante, assez typique de ce qu'on peut trouver en cercle :
9 joueurs, blinds 2/2 (nombres sous réserve)
utg+1 relance (relance ACF classique) - utg+2 boîte (shortstack)
un joueur en MP paie (pas une grosse main probablement)
je suis au bouton avec JJ et hésite un peu. Le reraise est l'option
naturelle mais utg+1 a été plutôt tight jusque là et je préfère le tester. Les
blinds n'ont pas l'air de vouloir jouer, je décide de slowplayer ma paire.
utg+1 call
4 joueurs dont un à tapis. Flop : KK4, tirage trêfle
utg+1 bet 30, le joueur en MP fold et je paie histoire de voir ce que
donne le turn
Turn : un trêfle, utg+1 check et j'envoie 50 qu'il paie avec
réticence
River : doublette du 4, utg+1 check (nice!), j'envoie 60, il réfléchit puis paie
encore avec sa pp6 et je gagne même l'intérieur avec mes jacks... à la surprise de tout le monde, dealer compris.
Une bonne première session, que je termine à +400 avant d'aller prendre un long, très long, "petit-déjeuner" avec quelques croupiers et romaintique que je ne connaissais pas.
Vendredi
réveil douloureux après trop peu de sommeil. Mal de tête, pas la forme... mais j'y vais quand même. Et je vais vivre une nuit de cauchemar. Je trouve pourtant une table de rêve, composée uniquement de joueurs weak à mort à l'exception d'un Loose Aggro dont le jeu me plait beaucoup. Je ne vais hélas pas pouvoir en profiter. Quasiment tous mes bons flops se font outdraw, le LAG aura longtemps la position sur moi et ne cessera pas de toucher alors qu'il paie tout rubis sur l'ongle. Mon jeu s'est aussi terriblement déréglé. Bref... je me suis complètement cagoulé. Et je finis à -600... quand je décide enfin, vers 5h du mat', de faire un break. Qui sera définitif; heureusement que j'ai oublié ma carte Neteller chez mon "hébergeur"...
Samedi.
J'ai bien dormi, cette fois. Après une visite avec un pote au Cercle Concorde que je trouve tellement détestable que je n'y joue finalement pas, retour à l'ACF pour découvrir une liste d'attente... désespérante. Je suis à deux doigts de me casser à Wagram mais choisis de m'inscrire et d'en profiter pour aller manger puis me détendre un peu au bar. Une fois. Deux fois. Trois fois. Cette satanée liste semble n'avoir jamais de fin. Les joies de l'ACF un samedi soir...
Ma première table sera très agréable. J'ai avant moi trois potes venus se faire un we poker à l'ACF. Ca attaque sévère mais on y lit comme dans un livre ouvert. De l'autre côté de la table, des joueurs plutôt serrés, genre habitués attachés à l'éthique du poker. Donc, tranquille. Le jeu est assez fluide. Pas trop de souvenirs notables (un tirage flush attaqué au flop, checké quand ça rentre au turn contre un des "potes" puis check-raisé river), je finis à +200 sans trop d'efforts.
Hélas, la table casse rapidement et je me retrouve déplacé sur une table qu'un vieux gros avec un stack énorme est en train de martyriser en jouant la masse à la perfection tout en feignant de ne rien savoir ("je peux raiser là ?"). Tout le monde semble abattu et j'en profite pour jouer d'emblée le redresseur de tort :
- je ne crois pas à son inexpérience et l'annonce
- je sais qu'il joue la masse comme les vieux roublards qui jouaient déjà quand je n'étais pas né et l'annonce aussi
- je le bluff sur ma première main jouée et le montre
L'effet escompté se produit : la table commence à collaborer, checkant bien plus que ça ne bet quand il n'est pas dans le coup. Et même à s'énerver de son petit jeu de l'idiot qui ne marche plus, l'obligeant à changer son style de jeu (c'est beau un soi-disant débutant qui s'adapte en deux ou trois mains...). Petit à petit son stack s'émiette tandis que le mien grossit en jouant les flops très agressivement. Et je finis par lui porter le premier gros coup dur sur un joli chattage :
petite relance (pour l'ACF, on est sur du 3BB) et je suis avec pp4.
Il complète du SB et on se retrouve à 5-6Flop 255, il pot et je suis le seul à payer
Turn 4 (mwahaha), il check et j'en fais autant
River ?, il pot et je raise all-in qu'il paie avec... AA
joli slowplay ;)
Il finira par laisser l'essentiel de ses jetons avant de repartir un peu plus humble qu'en arrivant. +150 pour moi et une nouvelle table à tester qui, hélas, ne tiendra pas longtemps et me coûtera 50 sans que rien ne se passe. Il est alors 5h du mat, j'hésite entre rentrer et pousser encore. Je suis incapable de décrocher et démarre donc une nouvelle table en pensant ne pas y rester trop longtemps tout de même. C'était sans compter sur l'ACF qui update le badbeat jackpot à 20.000€... Je décide de ne pas quitter la table tant qu'il n'est pas tombé !
Je ferai tout de même un break à midi pour grignotter... une partie de mes 300 de gain après avoir allumé le dernier des "trois potes" de la veille (brelan de 5 au flop où je call son attaque, carré au turn que je bet gros comme pour arracher... et il me check-raise river avec Ace high lol). Puis retrouve ma place à la table, monte un gros tapis mais perd en peu de temps deux gros coups à quasiment 200€ chacun (TT vs KQo d'un débile profond qui va trouver une runner runner flush -mais je finirai par me refaire dessus- puis AA vs 99, all-in au flop et 9 river qui fait mal) et ne la quitterai qu'à 22h30 avec cette fois 800 de gain après une main qui aura tétanisé la table :
Mais, comme dans les films, le gentil gagne à la fin et se retrouve avec un stack de 1000€ qui paralyse complètement la table. Je reste bien deux tours de plus qui ne m'apporteront rien. Tant pis pour le badbeat :(AJ, je raise en late à 16 (le tarif normal) après les habituels limpers
Flop AJ7 (deux coeurs), le joueur à ma droite bet
ça fait des heures que j'essaie d'attraper ce type qui ne sait pas coucher
un as et s'est monté un joli tapis en payant des pot flop et turn sur un tirage
"as". Je relance donc assez légèrement pour le piéger mais mange un inattendu
reraise d'un jeune américain au BB... payé par mon ami des as.Un peu d'hésitation, je sens le BB plutôt mal à l'aise et pousse le tapis.
Payé et payé. L'américain est aux fraises dès le flop, mon ami aux as est cette
fois sur une bien meilleure main que prévu avec tirage quinte et flush.
Un repas de plus à l'ACF et la fatigue commence enfin à se faire sentir après 27h de poker et de double café + bouteille d'eau. Je traîne encore un petit quart d'heure, à me demander si j'y retourne, chercher ce foutu badbeat... ou pas. Pour la première fois du week-end, la raison l'emporte .
Bilan : 1200€ de gain. Un résultat dans la partie basse de l'objectif que je m'étais fixé. Et moins bon que le passage de septembre. La faute en incombe essentiellement à cette soirée de vendredi dont je ne suis pas fier. Pas su gérer mon sommeil. Pas su ne pas jouer. Pas su faire le break qui s'imposait. Pas su m'adapter. Pas su m'arrêter. La leçon était un peu cher mais très instructive.
Pour autant, j'en suis à environ 70h jouées en NL 30-200 pour +2800€. Bien trop peu pour faire des stats, bien sûr, mais, néanmoins, la tendance est nettement satisfaisante. Même si, j'en suis bien conscient, elle est largement améliorable, mon jeu souffre encore de quelques défauts (que j'ai noté, il y en a donc certainement d'autres que j'ignore).
Quelques indications sur mon "style" par rapport au online
et conseils qu'on m'a demandés :
Il se trouvera toujours un ou deux joueurs à la table pour vous reprocher de n'avoir pas tenté d'arracher le pot une troisième fois à la river. Laissez-les dire si vous savez que votre adversaire a deux paires (qu'il ne couchera donc jamais) ou qu'il vous met sur un tirage couleur qui n'est pas rentré (idem). Concentrez-vous sur les quelques "weaks" qui se couchent au flop ou à la turn. Ou sur des adversaires qui jouent "straight" en les payant régulièrement au flop, même sans rien, à la recherche d'un signe de faiblesse au turn. Avantage : ce n'est pas vous qu'on mettra sur un bluff. Autres bonnes cibles, mais plus dangereuses : les vieux gamblers, habitués à envoyer lourd. Ceux-là ne sont pas dupes et savent reconnaître la différence entre un déglingo et un loose qui joue en fait les implieds sur un jeu solide. Ils me respectent en général quand je suis dans un coup (et quand ils ne le font pas, c'est presque à chaque fois qu'ils ont du très lourd en main), il est donc possible d'en profiter un peu.
Pour accentuer ça, je montre régulièrement un bluff complet alors que je bluff très peu (mais semi-bluff pas mal, évidemment) : un 7 high, un Ks5s alors que le board est à coeur et que vous n'avez pas une paire, etc etc etc. Pas besoin d'en faire/montrer des masses : juste quand je commence à remarquer qu'on ne paie plus mes grosses mains. Penser aussi à slowplayer quelques grosses mains. En particulier celles qui, autrement, ne paieront probablement pas. Les joueurs notent le bluff absolu/le slowplay de bonne main. Ils ne réfléchiront jamais à pourquoi vous l'avez joué ainsi.
On lit partout qu'il faut mixer son jeu. Je ne vais, bien évidemment, pas dire le contraire. Mais c'est un exercice dans lequel les adversaires font l'essentiel du boulot. Je montre beaucoup de mains non nécessaires. Je discute pas mal à la table. Je plaisante avec les joueurs et les croupiers. J'essaie d'être sympathique. Puis j'en profite pour conseiller discrètement un fold. Comme une faveur que je fais à un adversaire. D'autres, au contraire, me prennent instantanément en grippe. Non seulement tout cela permet de passer le temps, mais ça aide surtout à mieux deviner leurs pensées lors d'un coup. Et, donc, leurs mains.
Les joueurs des tables à 30€ ne sont pas des pros du high stakes. Il est donc assez facile de les lire. Mais je n'en suis pas non plus. Et tout ce qui peut m'aider à savoir dans quel sens chercher est le bienvenu. Je me fixe en général deux ou trois joueurs cibles dont je sais que je vais leur prendre leur tapis tôt ou tard :
- jeudi, un gars qui bet gros quand il arrache et raisonnablement quand il veut être payé. Transparent.
- vendredi, le LAG que je piège plusieurs fois, mais le hasard est de son côté, et un tight weak à ma droite mais je n'ai jamais aucune occasion de le prendre
- samedi, un joueur trop offensif, trop gambler. Puis le vieux joueur de masse qui fait son débutant.
- dimanche, un gars qui me paie jusqu'au bout avec 3ème paire au flop. Tout fier d'avoir eu mon bluff. Il me doublera deux fois ensuite. Puis le gambler au KQ sur un rush de folie (tout surpris quand ça s'arrête). Et, enfin, l'amoureux des as.
Voila. Ce ne sont pas des conseils très originaux. Mais ce sont ceux qui me viennent à l'esprit et me semblent le plus important. Les tables à 30-200€ sont assez faciles. Ca y joue bien plus mal qu'online (même en descendant d'une ou deux limites) alors qu'on dispose en plus de bien plus d'information sur ses adversaires. Et d'informations bien plus fiables.
C'est tout ce kipik pour aujourd'hui.
Reste à gérer le retour online qui me fait à chaque fois très mal...
C'est ma faute
je parlais du CR du Deepstack limit dans mon dernier post. Suite à un crash du PC (en plein tournoi, foutu en l'air du coup alors qu'on approchait des places bien payées), le texte que je tapais directement online est passé à la trappe. Et, franchement, j'ai pas trop le courage de reprendre l'exploration de ces centaines de mains. Dommage, il y en avait quelques très belles. C'est de ma faute, ce n'est pas la première fois que cela m'arrive :(
Du coup, pas grand chose à dire aujourd'hui. Et vous n'aurez pas d'autre news avant au moins mardi puisque je serai à Paris pour un week-end live. Si vous passez à l'ACF ou à Wagram, on aura probablement l'occasion de se rencontrer autour d'une 200 ;)
Niveau online, j'enchaîne les tournois à gros départs qui ne paient pas. Ou bien mal. Pas grave, dès que je saurai éviter les badbeats improbables (je perd systématiquement l'essentiel de mon stack sur des 3-4 outers), je me gaverai ;)
En attendant, j'épluche les récents tournois et je tente de mettre ça en forme pour montrer un peu les récentes évolutions de mon jeu. Si vous lisez ce blog depuis un moment, vous devriez apprécier le changement. Si vous ne le voyez pas... ma foi, peut-être que je me fais des idées. Et que j'utilisais déjà les mêmes move sans m'en rendre compte. Ou pour d'autres raisons. Mais, dans l'action, je sens clairement la différence.
Je fais le maximum pour que ce soit en ligne avant mon départ demain midi mais je ne garantis rien.
c'est tout ce kipik... pour l'instant peut-être
C'est pas ma faute !
Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.
J'étais chaud bouillant en octobre, avec plein de textes commencés ou en projet. Et bim! Suite à un malentendu avec Alice (le FAI), je me suis retrouvé sans Internet pendant 15 jours. Une bonne cata alors que j'avais décidé de consacrer ce mois à faire du CG.. et que ça commençait très moyennement. Heureusement qu'une perf moyenne sur un des rares tournois joués en début de mois limite un peu la casse, je m'en sors tout juste financièrement. Mais c'est pas passé loin...
Pas de quoi s'appitoyer non plus. TC'est le jeu, ma pov' Lucette. Tout semble rentré dans l'ordre même si j'ai été contraint de me rabattre sur France Telecom. Et ces 15 jours de chomage technique m'auront permis de faire mille petites choses que je n'aurais jamais fait autrement. A commencer par lire, écrire, sortir un peu mon maigre cul, rattrapper des semaines de films en retard (jouer au poker se marie très bien avec du matage de séries mais pas trop bien avec les films, allez comprendre...)... mais aussi pour réfléchir un petit peu au Poker, à mon jeu, tout ça. C'est que le poker n'est pas différent de tout le reste : les hand history s'accumulent, s'accumulent... et finissent par représenter un volume bien trop important pour oser ne serait-ce qu'y mettre le nez. A force de jouer, trouver une main intéressante devient nettement plus complexe que de trouver une aiguille dans une botte +de foin (si on est fumeur, en tout cas).
Et, comme à chaque "pause", il est étonnant de constater le nombre de toutes ces petites choses qu'on (enfin, que je; ce n'est pas forcément votre cas) laisse passer sans même y prêter attention. Et, comme à chaque reprise, j'ai cette sensation encore plus surprenante que les effets de cette réflexion se font immédiatement sentir.
Prenons le cas de cette reprise :
J'ai joué 4 tournois (le 5ème, $10 Deep NL en ce moment - mais celui-là cassera les "stats", rien ne marche, rien ne hit, rien ne tient). Les 4 ITM. Une table finale (le $20 Deep Limit, mon chouchou). En ayant eu, dans les quatre, le chiplead à un moment ou un autre (entre le milieu et la fin, je ne regarde de toute façon jamais les chiffres en début de tournoi) -perdu, dans les quatre cas, sur un bad setup inévitable ou un outdraw, rien à se reprocher... ou presque. Et j'ai passé dans les quatre au moins une heure dans le top 9.
On change les chiffres : lisez 4 des 5 puisque je suis out à l'instant du Deep NL.
Reste encore à transformer ces bonnes stats en espèces. Ce qui n'est pas encore le cas. Et à vous en faire profiter (pas des espèces, hein). Ca devrait donner quelques textes intéressants. Pour l'instant, je bosse sur un CR du dernier Deepstack Limit. Ca devrait être online demain.
Et c'est tout ce kipik pour aujourd'hui.