On devrait toujours se plaindre

Dans mon dernier post, je commençais à gémir car PS n'était guère gentil avec moi depuis la fin de mon "arrêt maladie". En fait, c'était un cadeau déguisé puisque toute la chatte que je n'avais pas eue dans ces deux jours et demi s'est retrouvée concentrée dans le $3+R de la fin de nuit.

Je rate la victoire à un poil de couille mais le mérite en revient à mon adversaire qui est resté parfaitement dans sa ligne jusqu'au bout et m'a amené à multiplier les erreurs en tentant de le faire sortir de ses gonds. gg sir

Je ne sais pas encore si j'en ferai une vidéo, je ne suis vraiment pas convaincu qu'il y ait beaucoup de mains intéressantes. Mon jeu fut très linéaire, sans vraiment de "moves" : joue tes bonnes cartes; joue les fort; chatte de temps en temps si besoin (et j'en ai eu besoin!). Je me suis juste lâché un moment alors que, après avoir été chipleader du tournoi, j'avais toujours le même tapis une heure après. M'a un peu mis en tilt pendant quelques minutes, première fois que je ressentais cette frustration. Bizarre... Et je me suis du coup retrouvé shortstack à 40 ou 50 joueurs restants. Ma situation préférée :)

La remontée de 28ème avec 28 joueurs restants à second en arrivant en table finale s'est faite tranquillement, tout en douceur. Et la table finale s'est gérée de la même façon, en minimisant au maximum les risques (facile, suffit de ne pas recevoir QQ...). Reste ce tête-à-tête final où j'ai commis beaucoup trop d'erreurs. A commencer par ne pas prendre un deal quand on était à égalité de jetons. Car je sais que, après avoir perdu un gros pot et m'être retrouvé derrière, cette idée est restée là à me hanter. Et mon jeu a commencé à partir en vrille...

Tant pis, ce sera pour la prochaine. Parce qu'il y en aura d'autres ;)


En attendant, un peu de courrier des lecteurs :

Je voulais réagir par rapport au cbet sur un short. D'après toi t'as l'impression de t'outplayer toi même. Perso je joue à des petites limites en mtt (max 10$ de buyin) et me suis déjà mordu très souvent les doigts a cbet un short qui même s'il avait rien...payait en désespoir de cause. A mon avis dans sa tête c'est : "tant pis maintenant que je suis dans le coup, gambling sur turn et river". Donc il push toi t'es commited tu call et boom il touche. A mon avis le check est pas si mal...

Attention! Je n'ai pas dit qu'il fallait miser systématiquement. Mais qu'il fallait tout de même jouer le coup normalement (et, donc, ici, probablement miser car le flop est vide). Face à un bon joueur, il faut bien sûr checker car il ne lâchera aucune des mains avec lesquelles il a payé pf. Et toutes nous battent. Mais, face à un joueur peu évolué, sur un flop vide, misez! Parce que lui pourra coucher un meilleur as que le votre. Mais qu'il est aussi susceptible de payer avec des mains plus mauvaises que la votre (ce qui n'arriverait pas face à un bon joueur qui ne peut avoir payé préflop avec une main inférieure). S'il touche ensuite, c'est la vie. Mais ce n'est pas important.

j'avoue, je suis largué sur ce post. Dommage, ça a l'air pas mal du tout, mais pas applicable à mon niveau.

Si, si, c'est applicable à tous les niveaux (c'était à propos de la fold equity). Le concept, en tout cas, est applicable. Évidemment, il serait absurde de vouloir l'appliquer en début d'un MTT à $4. Ou $11. Ou même $22. Mais, à l'approche de la bulle. Ou en vue de la table finale. Ou quand il reste seulement 4 joueurs. Il arrivera dans tout tournoi un moment où ça sera utilisable. Et même indispensable. L'important est de savoir reconnaître ce moment. Et de savoir en profiter rapidement (comme si tu avais KK en main, quoi). Ça peut sembler beaucoup de réflexion, de calcul, de réflexion pour un move qu'on fera au mieux une ou deux fois dans les rares tournois où on va "deep". Mais il faut, en réalité, réfléchir à l'envers : le plus important dans un tournoi, c'est justement sa fin. Le "end game". Ou le late game qui vient juste avant. Et tout le reste du tournoi n'a pour but que de nous amener là. Et, si possible, nous y amener en bonne position. Or, le late game, ce sont justement des moves de ce genre. Pas forcément 10 ou 20 fois. Mais un ou deux, bien placés dans un tournoi, font une différence énorme.

Je ne trouve pas d'analogie pour bien expliquer ça. Mais il faut comprendre que rien de ce qui se passe pendant les 3 ou 4 premières heures d'un tournoi n'a d'importance. On se fout de savoir si tu as monté un gros tapis rapidement à la chatte, sur des bluffs de folie ou juste des bonnes rencontres. Ou si, à l'inverse, tu as galéré comme un mort de faim pour y arriver. C'est maintenant, quand tu es dans les places payées, mais plus encore quand il reste 18 ou 27 joueurs, que commence vraiment le tournoi. Les autres joueurs ont sauté avec -1/+3 buy-in. Et on joue vraiment, enfin!, pour de la thune. Si tu n'as pas ces "moves" à ton catalogue, si tu maîtrises en tout cas mal les conditions dans lesquelles ils fonctionnent, alors tu pars avec un handicap. Et tu devras compter sur un bon rush de cartes pour t'en sortir (ou sur la chance puisque, mal maîtriser les conditions, ça veut dire aussi faire des moves au mauvais moment. Et, ça, on en voit sauter à la pelle sur des contre-vols avec A2 alors qu'ils n'ont pas la profondeur et/ou sont probablement face au mauvais adversaire). Savoir faire, c'est aussi savoir quand ne pas faire ;)

Mais je suis en train de me demander si tu n'atteins pas les limites du concept de blog. A mon avis tu écris des articles passionnants, mais le format blog fait qu'ils vont bientôt être cachés par les prochains articles. Un site classique avec classification arborescente me paraîtrait plus adapté. C'est un peu la même idée pour tes vidéos d'ailleurs. J'ai vu sur CP que des gens viennent simplement de se rendre compte que tu en faisais.
Menfin, je ne sais pas exactement ce que tu recherches en écrivant tes super articles, peut-être que le blog est ce que tu préfères. Et je te rassure tout de suite, ton blog est plus enrichissant qu'un skygloub !

Et, ça, c'est une question à laquelle je n'ai aucune réponse. J'ai commencé ce blog en commençant ma petite "aventure". Il m'a accompagné en chemin. Et certains très fidèles (mes lassies) m'ont suivi tout le long du chemin (qui n'est pas achevé, hein. Y'a encore de la route les gars !). Il évolue donc avec moi. En même temps que moi.

(petite parenthèse pour applaudir ceux qui débarquent et commencent la lecture en entier du blog : vous êtes plus courageux que moi, lol. M'enfin, moi, je sais déjà qu'il contient aussi quelques horreurs que j'aurais honte d'écrire aujourd'hui. Je pourrais les enlever mais je préfère en conserver la trace. Ça aide aussi à relativiser ce que j'écris aujourd'hui. Que je relirai peut-être avec horreur d'ici deux ou trois ans, qui sait ?)

Et, donc, il n'y a jamais eu d'autre idée précise pour ce blog que cela. Une sorte de carnet de voyage (très bon film, d'ailleurs). Pour moi-même et les rares courageux qui avaient assez de temps à perdre. Aujourd'hui, il est probable que cette "structure" soit dépassée. Et il y a même un projet qui traîne (je t'appelle ?). Mais je n'ai pas envie de créer une poker académie bis. Ils font leur boulot correctement. Je ne suis pas d'accord sur tout mais on s'en fout. Ils le font bien... à leur façon. Ça reste du sous-PokerXFactor (tout comme mes vidéos, d'ailleurs). Et mes papiers "stratégiques" restent tout de même rares. Assez pour ne pas transformer ce blog en un énième "cours" de poker qui ne serait ni vraiment meilleur ni vraiment moins bon que les autres.

Maintenant, une migration est plus que probable. Pour pouvoir indexer un peu tout ce fatras au moins. Ajouter quelques facilités en plus. Et un peu de l'inévitable promo qui va avec. Mais, si c'est le cas, j'en aurai beaucoup de regrets. Car ce fatras me ressemble beaucoup.

On verra bien...

Mais, pour l'instant, ce sera tout ce kipik pour aujourd'hui. On se retrouve dans la nuit pour la 5ème TF du mois ;)

Ne sait pas jouer short

C'est peut-être une de mes notes les plus courantes sur les joueurs. Et, en même temps, une des plus intéressantes à exploiter.

Mais avant d'aller plus loin, je voudrais faire un petit détour : je pensais continuer ma série sur la fold equity. Mais j'ai un petit doute sur la façon dont je dois continuer la chose. Plusieurs options possibles, pas certain encore de laquelle l'emportera. En attendant, je voudrais préciser deux ou trois choses sur le texte précédent :

Il ne s'agissait nullement de trouver des seuils à partir desquels un "push" est intéressant. Mais simplement de montrer comment se construit la valeur d'un push sur la fold equity. Et en quoi la présence, ou le manque, d'une fold equity suffisante est déterminante dans le cas d'un move de ce genre. Il est donc utile de faire autant de simulations de ce genre que possible pour avoir un bon "feeling" (ou au moins maîtriser à fond les calculs nécessaires, qui ne sont pas si compliqués) quand la situation se présentera à vous... histoire de ne pas passer 30s avant de vous décider (la vitesse d'exécution, online, est aussi un facteur déterminant de votre fold equity : si vous mettez 30s avant de push, je tiens le pari que vous ne serez pas payé par les mêmes mains qui si vous aviez fait un insta-push).

Mais attention aussi aux conclusions que vous en tirerez! Ce n'est pas parce que le calcul donne le push avec K4s rentable qu'il faut le faire. Tout ce que vous savez de ce calcul est que, si vos hypothèses sont correctes (hand range de raise, hand range de call sur shove par exemple), vous pouvez penser à un push avec K4s. Pas que vous devez le faire. Des tas de facteurs rentrent encore en ligne de compte. A commencer par "êtes-vous sûr de votre lecture de ce joueur ?". Quelle est votre image ? Avez-vous gagné ou perdu un gros pot récemment ? Et lui ? Les tailles de vos stacks sont-elles suffisantes (un point que beaucoup oublient trop souvent) ? Ne sont-ils pas, à l'inverse, trop gros (là aussi, beaucoup d'énormes boulettes)? Et, enfin, avez-vous besoin de faire ce move maintenant (et votre adversaire peut-il, lui, se permettree de faire ce laydown) ???

La leçon est que ce n'est pas parce qu'on peut, qu'on doit. Même +ev, un move sera souvent à éviter. En particulier car l'espérance de gain sera le plus probablement marginale alors que le risque sera généralement élevé. La logique d'un tournoi (on ne crache pas dessus non plus en CG, lol) incite au contraire à chercher les situations à risque faible et gain élevé. Evidemment, cela suffit rarement et, tôt ou tard, il faut bien prendre des risques (comme accepter un coinflip). L'important est de déterminer le bon moment. Mais, si votre stack est correct, si l'augmentation des blinds n'est pas pour tout de suite, ou si elle vous laissera un tapis correct, si vous n'êtes pas déplacé à une nouvelle table qui grouille de joueurs aggros avec des tapis plus gros... ce n'est sans doute pas le bon moment. A l'inverse, il est préférable de ne pas attendre d'être dans une de ces situations et, donc, d'anticiper légèrement.



Cette mise au point faite... je voulais vous parler d'une main que je viens de croiser deux fois de suite :

Vous avez un tapis correct, relancez pour prendre les blinds (donc, pas avec un monstre) et un shortstack paie 1/3 de son tapis pour venir voir le flop qui, bien sûr, ne vous aide pas...

Un exemple :

PokerStars , $10+$1 Hold'em No Limit - Level XIV (1000/2000) -
9-max Seat #5 is the button
Seat 1: Feri$taH (16715 in chips)
Seat 3: FC-AMAGER69 (65818 in chips)
Seat 4: Abellyus (72392 in chips)
Seat 5: Kingofpool (31058 in chips)
Seat 6: luckyeshoes (13250 in chips)
Seat 7: bolito (102341 in chips)
Seat 9: mark771007 (55080 in chips)
7 players post the ante 200
luckyeshoes: posts small blind 1000
bolito: posts big blind 2000

*** HOLE CARDS ***
Dealt to Abellyus [5d Ah]

3 fold
Abellyus: raises 3550 to 5550
Kingofpool: folds
luckyeshoes: calls 4550
0bolito: folds

*** FLOP *** [2s 4s 8c]
luckyeshoes: checks
Abellyus: checks

*** TURN *** [2s 4s 8c] [Qh]
luckyeshoes: checks
Abellyus: checks

*** RIVER *** [2s 4s 8c Qh] [9h]
luckyeshoes: bets 7500 and is all-in
Abellyus: folds
luckyeshoes collected 14500 from pot

luckyeshoes: shows [Jh Th] (a straight, Eight to Queen)


Evidemment, j'ai un continuation bet facile sur un flop aussi vide. Et, faites-moi confiance, je vais rarement le rater ;)

Mais, ici, je suis contre un shortstack (6.5 BB avant la main) qui vient de payer la moitié de son tapis. Donc, je me dois de le mettre sur une main correcte (si ce n'est une premium qui piège). Et je dois m'inquiéter de ce qu'il soit, en plus, commited au flop avec un pot qui est le double de ce qu'il lui reste comme tapis. Est-ce qu'il fold AJ ou AT sur ce flop ? (et je n'imagine bien évidemment pas qu'il puisse coucher une paire ou QX...)

J'ai tendance alors à considérer que le continuation bet est de l'argent perdu. Quelle main peut avoir un gars à 6BB pour en payer la moitié histoire de voir le flop et folder ensuite ? Dans mon monde, aucune.

Hélas pour moi, la vérité est que, ces derniers jours, faire un continuation bet aurait toujours été le choix correct car les shortstacks avaient toujours de la merde : A2, KJ, QJ, JT, 9T, 78... Toujours des mains beaucoup trop spéculatives pour payer une relance sans profondeur. Et la très grande majorité aurait couché au flop (ou payé dominé comme ce fut plusieurs fois le cas sur des cbets que j'ai tout de même fait).

C'est une des conséquences quand on commence à trop travailler la théorie. Ca me le fait à chaque fois : je commence à mettre mes adversaires sur des raisonnements de même niveau. Et je finis par m'outplay tout seul. Alors que la réalité est bien plus simple : short ou pas, la majorité des joueurs ne fait pas une grosse différence. Ils trouvent une belle main (ce qui, pour eux, est une belle main). Et ils vont voir le flop avec. S'ils ratent, ils se couchent. Tant pis si ça les laisse à 3, 4 ou 5 BB. Il est où, le problème ?

Hélas pour moi, n'ayant quasiment pas pu jouer ces 15 derniers jours (maladie inconnue, bronchite -plus délicate, en effet, chez un gros fumeur ;) -, rage de dent ce week-end que tout revenait bien), j'ai beaucoup travaillé la théorie. Et je suis en mode surestimation permanente de mes adversaires. Pas vraiment l'idéal...

Bref, tout cela pour dire : ce n'est pas parce que vous raisonnez de façon correcte que vous pouvez supposer que vos adversaires en fassent autant. Dans le cas d'un shortstack qui paie 1/3 ou la moitié de son tapis préflop, il est bien plus probable que ce soit un gars pas totalement aware qui veut juste voir le flop avec sa main moyenne. Et, donc, qu'il convient de traiter comme tout adversaire. Ca ne veut pas dire de miser systématiquement. Mais, au moins, de ne pas lui accorder un régime de faveur. Il a probablement commis une erreur préflop, il faut le punir. Pas l'encourager en le laissant tirer gratuitement. Sans compter que, vu la taille du pot, autant essayer de le ramasser. Certains tournois se jouent pour bien moins que ça...

Et ce sera tout ce kipik pour aujourd'hui, PS m'offre badbeat sur badbeat pour fêter mon retour, la nuit s'annonce longue et douloureuse...

fold equity, mon amie

Avant de revenir sur la notion de fold equity survolée hier (hier, c'était philo, aujourd'hui, ce sera maths!), un petit point sur ce commentaire :


a la main 21 tu reçois A5os au SB et tu décides de limper. Le flop t'apportes
une middle pair (de 5) que tu bet tout de suite afin de protéger cette main
"fragile". Ensuite tu pars sur un "discours" très intéressant sur ta manière de
jouer dans ce début de tournoi qui consiste à jouer essentiellement des petits
pots et le plus souvent "IP" afin de ne pas prendre trop de risque et monter un
stack tranquillement, jusqu'a attendre le bon set up où tu pourras essayer de
ramasser un gros pot....ma question: cette stratégie de début de tournoi
s'appele t-elle bien le "poker small-ball"??? Si non, sais tu , stp, ce qu'est
le poker small-ball??


yep, c'est bien du small-ball. Enfin, grosso modo, oui. C'est plus un style de cash game, où les profondeurs permettent d'exploiter avec largesse les force de ce jeu mais ça s'applique très bien aussi aux tournois tant qu'on a... allez, disons 30+BB. Et les principes smallballiens de jouer la position, de contrôler la taille du pot (ce qui, d'ailleurs, ne veut pas dire "garder petit" -même si c'est plus souvent le cas) et d'essayer de se l'approprier par de petites attaques peu risquées, restent des principes valables quelles que soient les circonstances (sauf shortstack). Ceci pour préciser que je ne prétend pas que ce tournoi soit représentatif d'un jeu small-ball, même s'il l'est "philosophiquement" (je ne voudrais pas froisser un éventuel puriste :) )

Un effet intéressant en tournoi (plus qu'en CG), est la possibilité, du fait d'une fold equity supérieure, de pouvoir réduire au maximum la hauteur de relance préflop. Et, ce, malgré/en dépit des ante. Un "truc" popularisé par belowabove notamment. Et en ce moment très en vogue. Par extension, ça permet du coup des continuation bets encore plus faibles au flop (certains sont carrément adeptes du 1/2 pot systématique). Purement l'esprit small-ball... et un bon moyen de compenser le manque de profondeur des tapis en tournoi. Tout en minimisant au maximum la prise de risques.


Ceci mis au point, retour sur mon post précédent : j'ai écrit que l'essentiel de la valeur des moves (vol, contre-vol, squeeze, push de shortstack avec des poubelles, etc) était dans la fold equity (autrement dit, la probabilité que votre adversaire se couche). Je ne vous demande même pas si vous êtes d'accord. C'est comme ça. Mais avez-vous réellement idée de la valeur ajoutée par la fold equity sur un contre-vol, par exemple ? De l'impact que cela a sur le choix des mains pour envoyer votre tapis ? Et, comme quelqu'un m'a demandé sur clubpoker, de comment calculer cette fold equity ?



Attention, on sort sa calculette.
On va prendre une main test issue d'un $11+R hier
  • blinds 500/1000 (et on oublie les ante)
  • Bouton (BU), tapis de 22000, relance à 3000 (pas un small-baller, donc ;) )

  • pour simplifier, je suis de BB (c'était SB mais ça compliquerait les choses) avec 18000


Vous faites quoi avec :

  • 66 ? 33 ?

  • AT ? A7 ? A2 ?

  • KJ ? K9 ?

  • QT ? Q4s ?

  • J8 ? 79s ? 32 ?

Et ça change quoi dans votre raisonnement si :
  • le BU est un gros maniac qui ne lache pas facilement en plus ?

  • c'est plutôt une calling station qui relance moyennement ?

  • c'est un gros aggro, qui joue beaucoup la position mais sait lacher quand ça résiste ?

  • c'est un joueur correct, plutôt serré mais qui peut gambler s'il se pense pas trop moche ?

  • c'est la super serrure de la table ?


Pour commencer, notez que les tailles de tapis ne perturbent pas le raisonnement. Grosso modo, si ça part à tapis, un joueur saute. Ou presque. Et mon tapis, puisque je suis le plus short, ne me met pas dans une situation désespérée.

Un niveau basique de raisonnement va vous faire push vos bonnes mains (AT+, KJ...), vous angoisser sur 66 qui sera parfois couchée, parfois poussée. (et j'oublie le niveau super basique où ça paie pour voir le flop ;) )

Un niveau plus avancé va être de se dire "ok, il est loose (ou weak) et relance trop (ou fold trop), je push K9, QT, A7, pp6". Ou l'inverse. Mais quid de pp3 ? A2 ? J8 ? 79 ? 32 ??? Y a-t-il une telle différence entre 32 et QT, K9 ou A7 ?


Commençons par mettre un peu de maths dans nos hypothèses de départ :

le gros maniac relance donc 75% de ses boutons et paiera notre tapis très souvent
la CS relance 20% mais paiera presque toujours
l'aggro relance 50% et paiera seulement avec ses mains légitimes
le correct-gambler relance 30% et paiera assez largement
la serrure relance 14% et pas avec de la merde


Voyons ce que cela donne avec le cas le plus simple : la serrure
Il relance 14% de ses mains, soit {77+, A8s+, ATo+,KTs+, KJo+, QTs+, QJo, JTs}
Mais cela ne répond pas à notre question. On ne s'intéresse pas aux mains avec lesquelles il relance mais plutôt à celles avec lesquelles il paie, n'est-ce pas ?

Disons qu'il paie notre tapis avec : TT+ et AK
Soit 3.5% des mains. Ou, ramené à son hand range de départ : un quart des mains avec lesquelles il a relancé (il relance 14% de ses mains préflop et call notre tapis avec 3.5%). On vient tout simplement de déterminer notre fold equity sur ce joueur dans cette situation : 75% (il paie 25% des fois et fold le reste, soit 75%)

Du coup, on peut maintenant calculer ce que rapportent les fois où il fold :
tout simplement 75% du pot après sa relance, soit 0.75*4500 = 3375

Il suffit donc que, dans les 25% des cas où il va payer notre tapis, on perde moins de 3375 pour être gagnant (à long terme). Ou que, sur chaque tapis payé, on perde en moyenne moins de 3375/0.25= 13500 (quand il paie, soit une fois sur quatre, on doit perdre moins de 13500)


je récap pour ceux qui lachent :
trois fois sur quatre, il se couche et on prend les 4500 dans le pot. l'ev est de 3375
une fois sur quatre, il paie et il suffit de perdre moins de 13500 sur chaque call pour être gagnant

Notre tapis (qui est le plus faible) est de 19000. Pour simplifier, on va oublier la SB (négligeable) et faire comme si la BB était encore dans notre stack (ne change pas grand chose)
Donc, x% du temps, on va perdre 19000
et 1-x% du temps, on va gagner 19000
l'objectif est de trouver le x à partir duquel on perd 13500 en moyenne
x*18000-(1-x)*18000=-13500
je vous épargne les étapes du calcul : x=14%
Et on explique ce que cela signifie :

Si, en investissant 19k pour gagner 19k, notre main gagne plus de 14% du temps, on perd au final moins de 13.5k

Ou :

Pour être un move rentable, donc qui coûte moins quand on est payé que ce que rapportent les fois où on n'est pas payé, il faut, et il suffit, de gagner 14% du temps contre le hand range {TT+, AK}. Pas la peine de sortir pokerstove, n'importe quelle main, y compris 72o, gagne au moins 18% du temps.

Face à un adversaire qui relancerait préflop avec {77+, A8s+, ATo+,KTs+, KJo+, QTs+, QJo, JTs} mais ne paierait votre tapis qu'avec {TT+, AK}, vous seriez gagnant en faisant tapis avec n'importe quelle main (dans cette situation, ça change bien entendu s'il y a des ante -mais à votre avantage- ou selon la profondeur des tapis).



Le raisonnement logique voudrait que, puisque l'adversaire est serré, on ne push qu'avec de bonnes mains pour avoir une chance quand on est payé. Mais, ici, on est devant un adversaire (beaucoup) trop serré. Tellement serré, en particulier quand il s'agit de payer une surelance, qu'il nous permet, au final, de le relancer rentablement de façon systématique : il nous fait si souvent cadeau de sa relance préflop qu'on a, en réalité, quasiment pas besoin de gagner les rares fois où il paie (ce qui tombe bien puisque ce sera le cas :) ).


(et, non! je ne vous conseille pas de faire tapis avec any 2 quand un joueur serré relance du bouton, lol. Cet adversaire est fictif. Et caricatural -mais il existe, on en rencontre. Si, par contre, vous commencez à supposer que vous êtes probablement trop weak sur les push adverses, vous êtes plus sur la bonne voie...)


Passons au second exemple : le correct qui relance 30% et paiera assez largement
On va simplifier le raisonnement (et sauter des étapes) pour votre santé mental. Le principe est toujours le même.
30%, ça peut sembler beaucoup mais, en fait, c'est juste toutes les paires, tous les as assortis, A6+, K9+, Q9+, J9+, T9, K8s+, Q8s+, J9s+, T8s+, 98s. Rien d'exceptionnel pour un bouton agressif.

On a dit qu'il payait assez large, tentons de mettre une hand range de call. Disons qu'il paie avec any pair, A7s+, A8o+ et toutes les mains à deux figures sauf JTo parce qu'il n'aime pas JTo. Grosso modo, cela représente 20% des combinaisons possibles. Ou, ramené à son hand range de raise préflop : deux tiers des mains avec lesquelles il a relancé.

Notre fold equity est donc de 33% et nous fait gagner .33*4500 = 1500
Il ne faut donc pas perdre, quand il call, plus de 2250 environ (et je pense que vous saisissez déjà le poids de la fold equity...)
Après calcul, cela nécessite que notre main gagne 44% au moins contre son hand range.

Avec quelles mains peut-on push dans ce cas ?
44+, A8s+, A9o+, KQo+, KJs+. Et c'est tout. A7o nous fait perdre de l'argent. C'est très probablement devant son hand range. Mais ça reste insuffisant pour compenser la trop faible fold equity.

Cet adversaire ne nous laisse qu'une faible fold equity. Alors même qu'il relance, et paiera, avec des mains bien moins bonnes que le joueur précédent, qui relançait des mains correctes et avait obligatoirement une premium pour payer, il est nécessaire de revoir notre hand range vers le haut (et dramatiquement !!!) avant d'envisager quoi que ce soit.



Inutile de discuter de l'aggro qui rpf 50% et paiera seulement avec ses mains légitimes. Même si la notion de "main légitime" peut être large, il laissera au moins 40% de fold equity. Et souvent plus de 66%. Vous avez compris que celui-là nous offre aussi une telle fold equity qu'il sera envisageable de pousser le tapis en aveugle. Je vous laisse faire les calculs si vous voulez. Je préfère fermer les yeux ;)

Et la CS qui relance 20% mais paiera presque toujours ?
raise par exemple avec pp3+, A5s+, A6o+, KJo+, QJo, KTs+, QTs+, JTs
ne paie pas votre push avec les plus petites paires, les plus petits as... et c'est tout. Le reste, soit 70% des mains avec lesquelles la CS a relancé, elle call.
Vos 30% de fe représentent 1350. On doit perdre maxi 1925.
Autrement dit, gagner 45% du temps.
Et notre hand range pour all-in ressemble alors à : {77+, AT+, KQs}. Difficile, dès lors, d'envisager un "move" contre ce joueur. Si on le surelance, c'est avec une main totalement légitime. Un cas classique contre une calling station où la valeur réelle de la main est essentielle.


Reste le gros maniac qui relance 75% de ses boutons et paiera notre tapis très souvent. 75% de rpf est énorme, je vous passe la hand range. Disons qu'il ne relance pas avec J3, T5, 74... Et qu'il n'est pas totalement demeuré mais paiera tout de même avec tout ce qui ressemblera à une main potable. Il ne faut pas s'attendre à avoir une fold equity supérieure à 60% (ce qui suppose qu'il fold déjà de belles mains comme T8s, K5s ou A5o)

La fold equity nous rapporte alors 2700. On ne doit pas perdre plus de 6750 s'il call. Autrement dit, gagner 32% des mains. Ca exclut quelques rares poubelles comme 32 ou 72o. Mais 52s est déjà ok. La combinaison d'une fold equity tout de même importante (due au fait qu'il relance énormément trop préflop) et d'un hand range pour payer votre tapis lui aussi trop important vous permettent quasiment tout. Et, pourtant, ça reste une bien moins bonne cible que notre serrure car le risque sera supérieur.



En conclusion
Tous ces exemples étaient totalement fictifs. Rares sont les joueurs qui paient aussi serré. Ou aussi large. Un hand range de call classique sera plus proche de {77+, AT+, KQ} (soit environ 10% des combinaisons).

Mais c'est dans la comparaison entre le hand range probable de call et le hand range probable de relance initiale que réside la clé de la rentabilité de nos moves. Plus ce rapport sera élevé, donc plus la fold equity sera grande, plus le shove sera rentable quelle que soit notre main. Plus ce rapport sera faible, plus il faudra se contenter de jouer ses cartes. Voler les weaks/Valoriser contre les CS.

Il n'y a pas de move possible (car suffisamment rentables) face à un adversaire qui ne nous "rend" pas assez de fold equity. Soit parce qu'il ne relance que des mains avec lesquelles il paiera une surelance (ou presque). Soit parce qu'il est prêt à gambler (quand on dit qu'il faut resserrer son jeu face à des maniacs, CS, etc qui ne savent pas lacher, ce n'est pas pour rien ;)).

Un tapis trop petit, chez soi ou chez l'adversaire. Un tilt possible. Un trop grand nombre de moves auparavant... et c'est un peu (beaucoup) de fold equity qui s'envole. Et, donc, l'obligation de revoir à la hausse les mains avec lesquelles envoyer son tapis est envisageable. A l'inverse, si on joue la bulle d'un gros tournoi et que tout le monde fold, fold, fold en attendant la thune, la fold equity sera si énorme qu'il ne servira presque plus à rien, mathématiquement parlant au moins, de jouer en regardant ses cartes.

Evidemment, il sera rarement possible d'avoir une connaissance mathématique précise du hand range de relance comme de celui de call sur shove. Mais il est possible, en étant attentif, de se faire une bonne idée du rapport de proportion entre les deux. Si vous pensez que votre adversaire va payer deux fois sur trois plutôt que 25 ou 50% du temps, vous avez déjà une première estimation de la valeur de votre fold equity. Et, donc, du move. Et ce sera toujours mieux que d'envoyer avec A5 parce que "c'est pas une si mauvaise main". Selon la fold equity que vous donne votre adversaire, A5 ou 72 reviendra le plus souvent au même...

Evidemment, ça demande de la pratique. Beaucoup de pratique. Et aussi un peu de "homework" pour situer les mains contre différents hand range, par exemple. Ou pour essayer différentes simulations afin de bien "sentir" le poids de la fold equity et son influence sur l'issue d'un call adverse. Ou pour accepter l'idée que, parfois, vous vous foutez éperduement de l'issue d'un call. Parce que vous n'avez jamais espéré réellement le gagner. Parce que ce n'est pas là que vous gagnez des jetons. Mais sur toutes les autres fois. Toutes celles où l'adversaire se couche trop facilement.

Et si la partie mathématique s'efface de votre cerveau, ce n'est pas bien important. L'important, c'est d'avoir compris pourquoi, comment, et parfois à quel point !, la fold equity est l'élément crucial d'un move. Et le talent est ensuite, à la table, qui consiste à savoir détecter cette fold equity. Et à l'exploiter. Et ça, c'est encore une autre affaire. Pour laquelle je n'ai pas grand chose écrire. Mais encore beaucoup à apprendre...

Et ce sera tout ce kipik très calculateur pour aujourd'hui.

Prudence est (aussi) mère de tournois chiants

Mais si on vous a dit que jouer en tournoi était amusant, on vous a menti.

Ceci dit, un petit hors-sujet :
si vous utilisez mon adresse kipik @ vous savez quoi dot net, j'ai des soucis avec. Pour une raison inconnue, je ne recevais plus mon courrier. C'est corrigé, allez savoir pourquoi, mon password avait changé. Pour une raison encore plus mystérieuse, je ne peux pas répondre via cette adresse.

Pas grand chose de neuf depuis le WBCOOP. Quelques tournois sans grand intérêt ni performance quelconque. Mais, pour la seconde semaine de suite, je suis contraint de jouer très peu car cette putain de merde que j'avais choppée s'est transformée en bronchite. Ca va mieux mais... à peine deux jours de répit sur dix, c'est pas lourd. Et ce n'est pas encore la grande forme, je suis surtout très très fatigué (pas non plus un physique à "réserves" ;) ). Pour autant, le moral est super bon, deux jours de poker seulement avec la totalité de mes moyens et une bonne TF, c'est déjà pas mal.

Evidemment, je devrais ne pas jouer du tout les autres jours. Mais j'ai du mal à ne pas faire un ou deux tournois au moins... "pour voir". Pas malin malin mais tant pis.


Un petit point aussi sur la vidéo du $215 : je devais détailler certaines mains à problème. Mais pas le courage, là. Peut-être plus tard...

Quoi qu'il en soit, j'ai lu hier un truc d'un lecteur qui m'a "ennuyé'. Et ça déborde largement du cadre de ce $215 pour rentrer dans le stratégie de fond en tournoi. Les vols ciblés, les resteals, les push sur short en bubble, les isolation raises avec poubelle pour profiter de la cote, floating, stop n go, etc etc etc sont tous de très beaux moves qu'on doit arriver à maîtriser. Mais ce sont aussi des moves délicats et dangereux qu'il vaut mieux manier avec modération. Et même éviter comme la peste si on n'est pas sûr de soi.

On peut gagner un tournoi sans aucun de ces moves. Il n'y a qu'à voir Chesskidd qui a cartonné le classement sur PokerStars la semaine dernière (beaucoup de ses hand history sont dispos sur PXF). Voila un garçon qui joue super tight. Avec très peu de moves. Mais qui, bien sûr avec un bon run de cartes (mais de toutes façons, ne vous leurrez pas, moves ou pas moves, un tournoi ne se gagne pas sans une distribution favorable), s'en sort plus que bien. Enormément de discipline, l'agression qu'il faut quand il faut... ça n'est pas très "beau" à regarder. Mais qu'est-ce que c'est efficace!

Il faut bien comprendre que tous ces moves impliquent un risque. Et, donc, plus de variance aussi. C'est déjà vrai pour celui qui les maîtrise à la perfection (même si, chez lui, ça compensera souvent un bad run en cartes). Ca le sera bien sûr encore plus pour celui qui manque de maîtrise (c'est à dire, en gros, la très grande majorité des joueurs - moi compris).

Sans compter que l'essentiel n'est pas dans le move. Mais dans son timing. Quasiment toute la veleur de la main est en effet dans la fold equity dont on dispose. Si votre adversaire ne fold pas assez souvent, que ce soit parce qu'il est serré et ne peut qu'avoir une bonne main ou parce que c'est un idiot congénital qui ne sait pas coucher une main, votre move sera globalement perdant (et, de façon ironique, que vous le fassiez avec une bonne main ou la pire des poubelles n'y change pas grand chose). Si votre adversaire se couche trop souvent sur une surelance, n'importe quelle main, à n'importe quel moment fait l'affaire. S'il ne se couche pas assez souvent, aucune main, à aucun moment, ne permet de move (mais toute main légitime sera la bienvenue ;) ). Entre les deux, la marge est grande. Et pas toujours facile à déterminer. Mais c'est ce qui fait toute la différence entre un excellent joueur et un joueur correct...

Tachez d'en tenir compte la prochaine fois que vous envisagerez un "move" (et, en particulier, un resteal). Oubliez cinq minutes votre main et ses chances si vous êtes payé. Si vous êtes payé, vous allez perdre des jetons. Tout simplement. Et toute l'inconnue de l'équation est de savoir si vous avez une fold equity suffisante pour gagner plus, quand il se couche, que ce que vous allez perdre quand il paie.

Plus votre fold equity est faible, plus vous serez payé et devrez donc éviter le "move" pour en rester à un poker plus basique où la valeur de la main vient d'abord des cartes.

Hélas pour nous, c'est par exemple très souvent le cas dans les tournois à faible buy-in. Je ne ferais par exemple jamais sur un $33, ou même un $55, y compris à la bulle, ce que j'ai fait à la bulle du $215 (et la bulle du $215, ça commence quasiment à 2000 joueurs restant pour 900 payés...). Ce serait du suicide. Chaque tournoi, chaque table, présente des conditions particulières dont il faut profiter. Parfois, sur le Sunday par exemple, vos adversaires sont trop passifs, vous rendant trop de fold equity (mais c'est, hélas, rarement le cas). Sur d'autres, ce sera des limpers compulsifs dont vous pourrez abuser en relançant des mains marginales. Et je vais arrêter là les exemples, ils sont infinis.

Mais évitez juste de tenir des raisonnements basiques comme "le bouton raise, il peut avoir n'importe quoi, j'ai A6 au SB, main correcte, je push". C'est probablement correct. Mais...

  • Mais cet adversaire se couche-t-il facilement ? Si vous ne l'avez pas encore vu se coucher sur une surelance et s'il n'a relancé du bouton que deux fois sur les 8 derniers tours de table, vous feriez mieux d'oublier votre main "correcte". Il faudra un peu plus. S'il ne paie votre tapis qu'avec {QQ+, AK} mais relance une fois sur deux du bouton, vous n'avez pas besoin d'avoir une main correcte. N'importe quelle main fera l'affaire.
  • Et les tapis sont-ils suffisants pour espérer qu'il se couche raisonnablement assez souvent ? S'il vous reste 8 ou 9 BB, par exemple, il peut vous sentir désespéré et payer avec quasiment n'importe quoi. S'il est plutôt short, il peut aussi se laisser tenter par un gamble.

Il n'est déjà pas toujours facile de mettre ses adversaires sur des hand range. Et nettement plus dur d'affiner ces hand range. Mais estimer avec précision sa fold equity peut se révéler encore plus délicat. Dans le doute, et en particulier si vous jouez des tournois à faibles buy-ins, partez du principe que votre fold equity est faible. Et, donc, restez à l'écart de la plupart des moves qui se basent dessus pour être gagnants (+ev). Vous ne vous en porterez que mieux à long terme...

Et ce sera tout ce kipik, qui s'en retourne sous la couette soigner cette vilaine bronchite, pour aujourd'hui

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